«Le Moyen-Orient, aujourd’hui, est loin d’être un paradis»

Rome: L’Eglise d’Orient est ›en danger’, assure un évêque d’Iran

Rome, 22 octobre 2010 (Apic) C’est par une prière en rite arménien que s’est ouverte, le 21 octobre au Vatican, la journée de travaux du Synode des évêques sur le Moyen-Orient. Dans une méditation prononcée à cette occasion, Mgr Nechan Karakeheyan, administrateur patriarcal d’Ispahan (Iran) des Arméniens, a fait état d’une Eglise d’Orient «en danger» et de fidèles terrifiés par «les angoisses et les incertitudes du présent» tout comme par «la crainte de l’avenir».

«Le Moyen-Orient, aujourd’hui, est loin d’être un paradis», a d’abord affirmé le prélat de rite arménien devant Benoît XVI. «Nos fidèles (…) souffrent par suite des problèmes politiques, religieux et économiques, ce qui provoque leur exode de leur patrie séculaire», a-t-il expliqué avant de noter que «les angoisses et les incertitudes du présent et la crainte de l’avenir les terrifient».

Commentant alors un passage de l’Evangile lu un peu plus tôt et dans lequel les apôtres sont pris dans la tempête, Mgr Karakeheyan a indiqué que les «pasteurs» des Eglises du Moyen-Orient se sentaient «incapables» de remédier à cette situation. «Nous nous demandons, a-t-il poursuivi, si nous ne sommes pas dans les mêmes conditions que les apôtres, malmenés dans la barque, voguant sur une mer en tempête, luttant contre les vagues menaçantes». Cette barque, a alors affirmé Mgr Karakeheyan, «celle des chrétiens du Moyen-Orient, se trouve aujourd’hui en danger».

«Comme les apôtres, si nous sommes abandonnés à nous seuls, nous serons impuissants à apaiser la tempête qui nous menace», a encore expliqué le prélat d’origine grecque avant de souhaiter, pour les chrétiens d’Orient, «une conversion complète des cœurs, une charité fraternelle et réciproque, un amour sans réserve envers tout homme, un témoignage de vie sacerdotale exemplaire». Alors, a-t-il conclu devant les ›pères synodaux’, «nous pourrons être sûrs qu’Il (le Christ, ndlr) nous aidera à échapper au naufrage».

Un ayatollah tient un autre discours

Le 14 octobre dernier, dans cette même Salle du synode au Vatican, un ayatollah iranien invité par Benoît XVI à prendre la parole au cours de l’assemblée synodale avait soutenu que son pays était «le meilleur exemple pour tous les pays musulmans en termes de respect des droits des minorités». Si l’Eglise catholique jouit d’une certaine liberté du culte en Iran, les fidèles n’ont cependant pas la possibilité d’exprimer leur foi en dehors des églises ou de leur communauté. Toute action missionnaire et toute expression publique de la foi y sont interdites.

98% des 70 millions d’Iraniens sont musulmans, (très majoritairement chiites), tandis que 0,2% sont chrétiens. Ces derniers sont majoritairement orthodoxes, mais il existe une petite communauté catholique qui compte, selon les estimations, entre 100’000 et 250’000 fidèles, de rites latin, chaldéen et, majoritairement, arménien. (apic/imedia/ami/bb)

22 octobre 2010 | 09:04
par webmaster@kath.ch
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