Rome: Les évêques du Moyen-Orient demandent le respect des résolutions de l’ONU
Appel à la fin de l’occupation des territoires arabes par Israël
Rome, 24 octobre 2010 (Apic) Au terme du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, le 23 octobre, les pères synodaux ont appelé la communauté internationale, et les Nations unies en particulier, à faire appliquer les résolutions onusiennes pour mettre fin à «l’occupation» israélienne des «différents territoires arabes». Dans un message «au peuple de Dieu» condamnant «l’antichristianisme», tout autant que «l’antisémitisme» et «l’islamophobie», les participants ont aussi reproché à l’Etat hébreu de recourir «à des positions bibliques et théologiques» pour «justifier les injustices».
«Les citoyens des pays du Moyen-Orient interpellent la communauté internationale, en particulier l’ONU, indique ce message, pour qu’elle travaille sincèrement à une solution de paix juste et définitive dans la région, et cela par l’application des résolutions du Conseil de sécurité et la prise des mesures juridiques nécessaires pour mettre fin à l’occupation des différents territoires arabes».
Les prélats orientaux réunis à Rome font ainsi implicitement référence à la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies qui avait condamné, en novembre 1967, l’»acquisition de territoire par la guerre» et avait demandé le «retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés» à l’issue de la ›guerre des Six jours’. De très nombreuses résolutions onusiennes ont suivi, dans la même veine. Les «différents territoires arabes» occupés sont la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la Bande de Gaza, ou encore le plateau du Golan (Syrie).
Si les résolutions onusiennes sont respectées, explique ensuite le message final du synode, «le peuple palestinien» pourra avoir «une patrie indépendante et souveraine et y vivre dans la dignité et la stabilité». L’Etat d’Israël, pour sa part, «pourra jouir de la paix et de la sécurité au-dedans des frontières internationalement reconnues» et «la ville sainte de Jérusalem pourra obtenir le statut juste qui respectera son caractère particulier, sa sainteté et son patrimoine religieux, pour chacune des trois religions juive, chrétienne et musulmane». «Nous espérons, écrivent encore les participants au synode, que la solution des deux Etats devienne une réalité et ne reste pas un simple rêve».
«Il n’est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices», écrivent aussi les ›pères synodaux’. Depuis la création de l’Etat hébreu, la Bible est ainsi utilisée par certains juifs comme justification morale à la possession de la ›Terre d’Israël’ et à ses conséquences.
Les souffrances de tous les peuples
Au cours des travaux de cette assemblée, les ›pères synodaux’ confient avoir «eu conscience de l’impact du conflit israélo-palestinien sur toute la région, surtout sur le peuple palestinien, qui souffre des conséquences de l’occupation israélienne : le manque de liberté de mouvement, le mur de séparation et les barrières militaires, les prisonniers politiques, la démolition des maisons, la perturbation de la vie économique et sociale et les milliers de réfugiés». Selon le document, ils ont aussi «réfléchi sur la souffrance et l’insécurité dans lesquelles vivent les Israéliens», tout en étant «préoccupés» par les «initiatives unilatérales» qui risquent de changer la démographie et le statut de Jérusalem.
Les ›pères synodaux’, qui disent avoir réfléchi «aux souffrances sanglantes du peuple irakien», soutiennent que le respect de l’ensemble des résolutions onusiennes concernant la région permettra à l’Irak de «mettre fin aux conséquences de la guerre meurtrière» et de «rétablir la sécurité qui protègera tous ses citoyens avec toutes leurs composantes sociales, religieuses et nationales». Ils estiment aussi que «le Liban pourra jouir de sa souveraineté sur tout son territoire, fortifier son unité nationale et continuer sa vocation à être le modèle de la convivialité entre chrétiens et musulmans, par le dialogue des cultures et des religions et la promotion des libertés publiques».
Respect des religions
Dans ce message rédigé à la base en arabe, les patriarches et les évêques des Eglises d’Orient condamnent «la violence et le terrorisme d’où qu’ils viennent et tout extrémisme religieux». «Nous condamnons toute forme de racisme, l’antisémitisme, l’antichristianisme et l’islamophobie, écrivent encore les prélats orientaux, et nous appelons les religions à assumer leurs responsabilités dans la promotion du dialogue des cultures et des civilisations dans notre région et dans le monde entier».
«Notre mission et notre vocation», affirment aussi les signataires de ce message, est de «vivre ensemble, chrétiens et musulmans». Ils espèrent par ailleurs que le dialogue des chrétiens avec les juifs pourra conduire les fidèles des 2 religions «à agir auprès des responsables pour mettre fin au conflit politique qui ne cesse de (les) séparer et de perturber la vie de (leurs) pays».
Evoquant la situation des immigrés venus travailler au Moyen-Orient – dont de nombreux Asiatiques -, les ›pères synodaux’ encouragent les Eglises chrétiennes à «prêter une attention spéciale à ces frères et sœurs et à leurs difficultés, quelle que soit leur religion, surtout lorsqu’ils sont exposés à des atteintes à leurs droits et à leur dignité». Ils invitent aussi «les gouvernements des pays d’accueil à respecter et à défendre leurs droits».
Plus largement, les participants au premier Synode des évêques pour le Moyen-Orient estiment que les chrétiens de la région se trouvent aujourd’hui «devant un tournant historique». S’ils font une longue liste des «nombreux défis» auxquels ils doivent faire face, ils jugent que «le premier» d’entre eux est celui de parvenir à «l’unité de tous les chrétiens». «Nous confessons, affirment d’ailleurs les chefs des Eglises orientales, que nous n’avons pas fait, jusqu’à maintenant, tout notre possible pour mieux vivre la communion entre nos communautés». (apic/imedia/ami/bb)




