Vietnam: La Commission «Justice et Paix» intervient dans l’affaire de Côn Dâu

Elle demande d’ajourner le procès des paroissiens prévu le 27 octobre

Hanoi, 26 octobre 2010 (Apic) La Commission épiscopale «Justice et Paix», mise en place au cours de la dernière assemblée de la Conférence épiscopale du Vietnam tenue au début du mois d’octobre, intervient dans l’affaire de la paroisse de Côn Dâu, dans le diocèse de Da Nang. Quatre hommes et deux femmes accusés d’avoir porté atteinte à l’ordre public et de s’être opposés aux autorités dans une affaire foncière doivent être jugés mercredi 27 octobre.

Au nom de la commission épiscopale dont il est responsable, Mgr Paul Nguyên Thai Hop, le nouvel évêque dominicain de Vinh (*), au Vietnam du Nord, a demandé l’ajournement immédiat du procès des paroissiens de Côn Dâu prévu pour ce mercredi.

La paroisse de Côn Dâu est en effervescence depuis l’année dernière, quand la municipalité de Da Nang a décidé de mettre la main sur des terres de familles catholiques pour créer une zone de constructions financées par des investissements étrangers.

Une quarantaine de paroissiens de Côn Dâu ont choisi de fuir en Thaïlande après l’attaque par des agents de la Sécurité publique d’un convoi funéraire le 4 mai dernier, selon «Eglises d’Asie» (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP). Les familles des six accusés de Côn Dâu ont sollicité l’intervention de l’Eglise pour les défendre.

La répression a déjà fait un mort, des blessés et des prisonniers

Dans sa la lettre datée du 22 octobre à la municipalité et au Tribunal populaire de Da Nang, l’évêque de Vinh demande la mise en place d’un organisme de dialogue entre les paroissiens et la société d’investissement responsable du projet. Cet organisme devrait être composé notamment de représentants de l’Etat et de l’Eglise catholique.

Au milieu du mois, l’annonce du prochain procès intenté à six paroissiens avait jeté la consternation non seulement chez les catholiques concernés mais aussi dans leur entourage. Les parents et proches des six accusés avaient lancé, dans deux lettres ouvertes, un appel au secours à la Conférence épiscopale, à la Commission «Justice et Paix», à leur évêque et à l’Eglise catholique tout entière. Une autre lettre, en italien, avait été envoyée au pape Benoît XVI par le groupe de paroissiens aujourd’hui réfugiés en Thaïlande.

La communication envoyée par Mgr Hop laisse penser que la nouvelle commission a étudié avec soin les aspects juridiques et humanitaires de l’affaire. Le texte souligne en effet, dès le départ, l’ambiguïté du projet de création de la zone urbaine qui a motivé la disparition de la paroisse.

Ce projet est issu d’une transaction entre les autorités municipales et une société d’investissements privée à laquelle les terrains ont été vendus. Le responsable de «Justice et Paix» ajoute ensuite qu’il n’y a pas eu de négociations avec les intéressés au sujet de leur indemnisation. Cette absence de pourparlers a conduit à la situation dramatique que l’on connaît aujourd’hui et dont il énumère les victimes: un mort, des prisonniers, des réfugiés demandant l’asile et une population dans l’angoisse.

(*) Né le 1er février 1945 au Vietnam du Nord, Paul Nguyên Thai Hop avait accompagné sa famille réfugiée au Vietnam du Sud durant l’exode des catholiques fuyant le régime communiste en 1954. Le nouvel évêque a obtenu in 1978 un doctorat en philosophie à l’Université de Fribourg, en Suisse, et un autre en théologie morale au Brésil en 1994. (apic/eda/ucan/be)

26 octobre 2010 | 10:22
par webmaster@kath.ch
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