Genève: Un éthicien suisse salue la Chine pour sa contribution aux droits de la personne
La Chine nourrit 20% de la population mondiale
Genève, 5 novembre 2010 (Apic) La Chine apporte une contribution aux droits de la personne par sa capacité à nourrir ses 1,3 milliard d’habitants, affirme Christoph Stückelberger, éthicien suisse, qui pointe également du doigt les violations des droits individuels par Pékin. D’autres voient en la Chine un partenaire incontournable.
«Si la Chine est capable de faire en sorte que la paix contribue à la justice en développant son économie afin de nourrir 20% de la population mondiale, alors il s’agit d’une contribution majeure aux droits de la personne», a déclaré Christoph Stückelberger, de l’organisation Globethics.net, à Genève, après une conférence donnée sur l’éthique mondiale et contextuelle, le 28 octobre à Nairobi. «Bien que la Chine viole les droits individuels, ce que l’on ne saurait justifier … nous ne devons pas oublier qu’elle fait quelque chose pour les droits fondamentaux», a déclaré Christoph Stückelberger, également maître de conférence à l’Université de Bâle.
Ressources agraires et hydrique limitées
Jesse Mugambi, professeur de philosophie et d’études religieuses à l’Université de Nairobi, a affirmé que la Chine était devenue incontournable, parce que sa croissance économique a dépassé le reste de l’Asie et qu’elle est en mesure de nourrir ses citoyens.
Par ailleurs, Andrew Steer, envoyé spécial de la Banque mondiale pour les changements climatiques, a affirmé lors d’une conférence à La Haye le 3 novembre, que la Chine avait réussi à nourrir sa population malgré des ressources agraires et hydriques limitées, et qu’elle risquait d’être confrontée au stress hydrique et à l’augmentation des températures. La Chine compte 250 millions de familles paysannes, dont la plupart ne dispose que d’un hectare ou moins. «Pendant deux décennies, la Chine a appliqué des programmes globaux de valorisation des terres, en mettant l’accent sur ses régions montagneuses», a déclaré Andrew Steer lors de la Conférence mondiale sur l’agriculture, la sécurité alimentaire et les changements climatiques, aux Pays-Bas. «En conséquence, la productivité a augmenté, des écosystèmes ont été restaurés, les terrains résistent mieux aux inondations et aux sécheresses et ils sont devenus des ›absorbants nets’ de carbone dans les sols et la flore», a-t-il affirmé.
Augmenter les investissement en Afrique
Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, était également présent à la conférence de La Haye. Il a soutenu que nourrir l’Afrique en période de changements climatiques est actuellement l’une des principales problématiques de développement. «L’Afrique est le seul continent qui n’arrive pas à produire suffisamment de nourriture pour répondre à ses propres besoins. Il n’y a qu’elle qui n’a pas réussi à maintenir la productivité agricole au même rythme que la croissance de la population. Une personne sur trois n’ayant pas suffisamment à manger vit en Afrique», a-t-il déclaré. A ses yeux, les conséquences des changements climatiques risquent d’envenimer la situation, en chassant les gens de leurs terres. Il a appelé à augmenter les investissements, afin d’assurer la sécurité alimentaire, de réduire la pauvreté et de lutter contre les changements climatiques. (apic/eni/fn et sb/ggc)




