Berne: Premiers pas vers la lutte contre la pauvreté
Diminuer de moitié la pauvreté d’ici à la fin 2020
Berne, 9 novembre 2010 (Apic) Afin de renforcer la lutte contre la pauvreté en Suisse, quelques 160 personnes concernées participent, ce mardi, à une conférence nationale à Berne. Didier Burkhalter, ministre des affaires sociales, a insisté sur l’importance de l’intégration et de la formation, rapporte l’ATS. De son côté, Caritas Suisse salue le rapport du Conseil fédéral du 31 mars. Elle soutient les initiatives comme la conférence nationale de lutte contre la pauvreté. Elle invite à établir des objectifs clairs, pour éviter la pauvreté en Suisse et la réduire de moitié d’ici à 2020.
En Suisse, une personne sur dix vit au-dessous du seuil de pauvreté. Or, nous avons les moyens d’éradiquer la pauvreté. «Les principaux besoins des personnes souffrant de pauvreté sont d’obtenir à nouveau des perspectives, d’être mieux intégrées dans une société qui avance vite et aussi d’obtenir davantage de reconnaissance», a dit Didier Burkhalter. Dans ce but, le Conseil fédéral a publié en mars sa stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, dans un rapport intitulé «Stratégie globale de la Suisse en matière de lutte contre la pauvreté».
Jour important pour la cohésion sociale en Suisse
La conférence de ce mardi marque «un jour important pour la cohésion sociale de notre pays – estime le Conseiller fédéral –, car nous posons ici la première pierre d’un effort collectif et concerté de lutte contre la pauvreté». Pour de nombreux acteurs, cette conférence est le premier pas d’une action à long terme.
Alors que la pauvreté a diminué chez les personnes âgées grâce à l’AVS et aux prestations complémentaires, de nouvelles catégories sont touchées, a relevé le ministre. Il s’agit des familles monoparentales, des familles de trois enfants et plus, des travailleurs pauvres (»working poor») et des chômeurs de longue durée et en fin de droit. Le rapport du Conseil fédéral souligne que la formation est la meilleure protection contre la pauvreté. Un constat partagé par plusieurs organisations et par Caritas, qui insiste sur l’attention particulière à apporter à la politique de la formation.
Lutter contre la pauvreté des familles et améliorer les chances d’intégration
Lors des discussions, la Confédération, les cantons, les communes et les organisations non gouvernementales (ONG) se sont concentrés sur deux priorités: lutter contre la pauvreté des familles et améliorer les chances d’intégration dans le marché du travail des personnes frappées et menacées par la pauvreté. Une solution serait, pour diminuer la pauvreté des familles, de revoir les prestations complémentaires.
Trois aspects importants selon Caritas
Dans son communiqué de presse, Caritas Suisse salue l’initiative de la Confédération qui, en mettant cette stratégie en place, reconnaît officiellement que la pauvreté existe en Suisse, la nécessité de lutter contre la pauvreté et de l’éradiquer. Elle propose de mettre l’accent sur trois aspects particulièrement importants.
En premier lieu, la politique de lutte contre la pauvreté dépasse le cadre de la seule politique sociale. La lutte contre la pauvreté est une politique transversale complexe. La politique familiale a une influence sur le taux de pauvreté en Suisse, tout comme la politique de la formation, la politique fiscale, la politique du marché du travail, la politique de la santé et la politique sociale. Il est donc absolument nécessaire de coordonner tous ces domaines avec la perspective d’une politique de la pauvreté.
Ensuite, il faut voir que la multiplication des compétences et des responsabilités risque de multiplier les problèmes au lieu de les résoudre, en les renvoyant d’une instance à l’autre. La Confédération reconnaît désormais sa coresponsabilité en matière de lutte contre la pauvreté. Caritas Suisse espère que cette reconnaissance permettra de mettre sur pied une action en commun de la Confédération, des cantons et des communes. Il faut instituer un organe responsable de coordonner la politique de la pauvreté au niveau national. Les organisations privées d’utilité publique doivent avoir une place dans cet organe. Le pas suivant consiste à résoudre les questions d’harmonisation cantonale des prestations sociales, de la coordination entre les différents intervenants étatiques et les autres acteurs et de clarifier les compétences de la Confédération.
Enfin, une politique moderne de lutte contre la pauvreté doit prendre en compte l’histoire de vie des personnes touchées, estime Caritas. Il s’agit d’accorder une attention particulière aux moments de l’existence qui représentent des tournants importants.
Réduire la pauvreté de moitié
La stratégie de la Confédération et la conférence nationale de lutte contre la pauvreté ne sont que le début d’une politique commune, visant à combattre la pauvreté en Suisse. Caritas espère que les pouvoirs publics formuleront des objectifs qualitatifs et quantitatifs. Tout le monde s’accorde sur le fait que le nombre de personnes touchées par la pauvreté doit diminuer de moitié d’ici à la fin 2020. De son côté, estime Caritas, le Conseil fédéral doit se porter garant du rapport publié en mars et il doit appeler à une décennie de lutte contre la pauvreté. (apic/ats/caritas/ggc)




