Djakarta: Obama prône le dialogue avec le monde musulman
Opinion publique américaine de plus en plus hostile à l’islam
Djakarta, 10 novembre 2010 (Apic) Alors que son opinion publique est de plus en plus hostile à l’islam, le président américain veut mettre en avant, lors d’une conférence de presse donnée à l’Université d’Indonésie de Djakarta le 10 novembre, le «modèle» indonésien, musulman, démocratique et moderne. À cette occasion, le quotidien français «La Croix» essaye de comprendre pourquoi les sentiments anti-musulmans prennent de l’ampleur dans les sociétés occidentales.
A la question: comment concilier les valeurs démocratiques et celles de l’islam? Barak Obama, dans un discours au monde musulman, défendra le «modèle» indonésien – musulman, démocratique et moderne –, pour relancer le dialogue entamé au Caire en juin 2009.
Une opinion publique de plus en plus hostile à l’islam
Les paroles pleines d’espoir du chef d’Etat américain, lors de son discours du Caire, ne se sont pas concrétisées. Les raisons de ce malaise prolongé sont doubles, estime Stéphanie Fontenoy du quotidien La Croix. D’une part, le blocage des initiatives de paix au Proche-Orient et d’autre part, le durcissement américain en Afghanistan. La politique de la main tendue n’a pas empêché plusieurs actes de terrorisme, désamorcés ou non, sur le territoire américain (*).
En prononçant un nouvel appel au dialogue, Barack Obama aura sans doute à l’esprit l’opinion publique à domicile, de plus en plus hostile à l’islam, rappelle le quotidien français.
Plusieurs manifestations d’islamophobie aux Etats-Unis
Eric Nisbet, professeur en communication et spécialiste des relations entre les Etats-Unis et l’islam à l’Université de l’Ohio, note un glissement dans la nature des préjugés: «Ces dernières années, la menace terroriste a été remplacée par une menace liée aux aspects symboliques et culturels de l’islam». Certains hommes politiques républicains parlent d’»islamisation des Etats-Unis», ou de «Djihad furtif».
En Californie, les vitres d’une mosquée ont été brisées par des vandales, qui ont laissé des slogans du type «Réveille-toi Amérique, l’ennemi est là» ou «Pas de temple pour le Dieu du terrorisme». Au Texas, le département chargé de l’enseignement a approuvé récemment une résolution visant à réduire l’importance donnée à l’islam dans les livres d’histoire.
«Avec des musulmans qui représentent moins de 2% de la population, on ne voit pas comment cela pourrait arriver», juge Éric Nisbet. Selon lui, cette flambée d’islamophobie a été exacerbée par deux facteurs: l’insécurité économique qui tend à discriminer les minorités et l’instrumentalisation de l’islam pour des causes électorales.
(*) Massacre sur la base militaire de Fort Hood au Texas, colis piégés le mois dernier, attentat raté à bord d’un avion de ligne reliant Amsterdam et Detroit et celui de Times Square cette année. (apic/la croix/sf/ggc)




