Mexique: Les prêtres autorisés à suspendre les messes pour protéger la population
Des mesures contre la violence
Mexico, 16 novembre 2010 (Apic) La Conférence épiscopale mexicaine (CEM) a autorisé les prêtres des zones les plus touchées par la violence qui afflige le pays à suspendre les célébrations ou à modifier les horaires des messes, afin de «protéger la population», rapporte l’agence Fides. «Nous devons prendre des mesures appropriées afin de protéger la population» a déclaré à l’agence Efe le Père Manuel Corral, responsable des relations publiques de la CEM.
Le Secrétaire général de la CEM et Evêque de Texcoco, Mgr Victor Rene Rodriguez, a annoncé, au cours de la 90e Assemblée plénière de la CEM, que tout curé peut modifier les horaires des messes, des cours et autres activités pastorales de l’après-midi si nécessaire. Cependant, ils ne doivent en aucun cas abandonner leur poste.
10’000 morts violentes
Au cours de la seule année 2010, la lutte entre clans dans le cadre du trafic de drogue a causé près de 10’000 morts violentes au Mexique, selon les données citées par la presse. En principe, cette disposition concerne les Etats du Nord, tels que le Tamaulipas, le Nuevo Leon et le Sinaloa, a indiqué le Père Corral. Même si la situation dans certaines paroisses d’autres secteurs comme Michoacán, Veracruz et la partie haute (Sierra) de Puebla, a déjà conduit un certain nombre de curés à modifier les horaires des messes ou même à annuler une célébration pour prévenir des actes de violence.
Chantages et menaces
Des sources locales de l’agence Fides relèvent que de nombreux prêtres font l’objet de chantages ou sont menacés parce qu’ils aident les personnes se trouvant dans le besoin. D’autres prêtres doivent cacher à leurs communautés qu’ils sont menacés par des personnes suspectes ou appartenant ouvertement à des clans ou à des bandes.
«Il n’est pas toujours facile de refuser le baptême à un enfant issu d’une famille qui collabore avec ces bandes ou de continuer à célébrer la messe lorsque se présentent à l’église différentes personnes en conflit avec les autorités. Ou encore de bénir une maison ou une voiture appartenant à une personne semblant très convenable, mais qui appartient toutefois à ces groupes dangereux de la société» souligne la source de l’Agence Fides. (apic/fides/ce/nd)




