Kenya: Panel du Forum africain pour l’enseignement social catholique (AFCAST)
Position inchangée de l’Eglise catholique sur la justice et les droits de l’homme
Nairobi, 22 novembre 2010 (Apic) Frère Pius Rutechura, secrétaire général de l’association des conférences épiscopales de l’Afrique de l’est (AMECEA), a défendu la position de l’Eglise catholique kenyane sur la justice et les droits de l’homme dans le pays, en réponse à des critiques d’organisations locales de défense des droits de l’homme.
Lors d’un panel du Forum africain pour l’enseignement social catholique (AFCAST), sur le thème: «La justice transitionnelle, le rôle prophétique de l’Eglise et le défi de la paix au Kenya», qui a eu lieu à Nairobi le 16 novembre, le frère Pius Rutechura a affirmé que la position de l’Eglise catholique du Kenya sur la justice et les droits de l’homme est claire. Elle «n’a pas varié contrairement aux allégations», a rapporté le service d’information catholique pour l’Afrique. «Ce que nous pourrions demander ici à l’Eglise, a ajouté le frère Rutechura, c’est de renforcer son rôle sur ces questions».
«Une Eglise de connivence avec le gouvernement?»
Pour Tom Kagwe, représentant la commission kenyane des droits de l’homme, l’Eglise catholique et les autres Eglises chrétiennes en Afrique semblent avoir changé leur position sur de nombreuses questions liées à la lutte pour la justice et les droits des personnes. Lors du référendum constitutionnel, en août dernier, les chrétiens ont été «plus divisés qu’unis», a-t-il constaté, malgré l’introduction de l’avortement et la reconnaissance des tribunaux islamiques ou Kadhi. Dans biens des cas aussi, l’Eglise catholique semble avoir «échoué face à ses fidèles», a indiqué Tom Kagwe. «Ce qui a amené certains kenyans à se demander si l’Eglise n’est pas de connivence avec le gouvernement, à l’insu des fidèles», a-t-il poursuivi.
Mise en place de commissions vérité et justice (CVJ)
Dennis Oricho, représentant de l’organisation «Initiative paix Nairobi», a rappelé que 14 pays africains ont mis en place des commissions vérité et justice (CVJ), et qu’un livre blanc (*) sera publié ultérieurement. Les CVJ ont-elles un impact positif pour les populations, au regard «des nombreuses injustices et violations des droits de l’homme sur le continent», s’est interrogé Dennis Oricho? La réponse est non! «Car il y a beaucoup de choses qui restent encore à faire par rapport à la vérité et à la justice en Afrique, à travers la mise en place de CVJ», a-t-il conclu.
(*) Un livre blanc est un recueil d’informations destiné à un public déterminé pour l’amener à prendre un décision sur un sujet particulier. Il permet à des institutions privées ou publiques à but non lucratif comme les ONG de publier un message officiel sous forme d’état des lieux sur un domaine d’intérêt public. (apic/ibc/ggc)




