Ouganda: Le Conseil interreligieux met en place un groupe de travail pour les élections 2011
Pour un scrutin libre et équitable
Kampala, 23 novembre 2010 (Apic) Le Conseil interreligieux de l’Ouganda (IRCU) a mis en place un groupe de travail, chargé de définir un plaidoyer auprès des populations et des hommes politiques, en faveur d’élections libres et équitables dans le pays en 2011, rapporte le quotidien national ougandais, «The New Vision».
Ce groupe de neuf membres qui a été installé officiellement la semaine dernière au siège du Conseil, est dirigé par le prêtre catholique Zac Niringiye, assistant de l’archevêque de Kampala. Ce dernier est secondé par l’évêque catholique du diocèse de Gulu, Mgr John Baptist Odama. Les autres membres sont: Pierre Claver Matovu de l’Eglise orthodoxe d’Ouganda, Badru Katerega du Conseil suprême des musulmans, Henry Kalule de l’Union des Eglises adventiste du septième jour, George Olinga, des assemblées spirituelles de la foi «Bahaï», Nicholas Wafula de l’Eglise la délivrance. Deux représentantes des seront désignées cette semaine.
Les membres du groupe auront pour tâche d’organiser des rencontres avec les partis politiques, de sensibiliser les populations sur la tolérance, la paix, la coexistence pacifique et la réconciliation. Ils devront dialoguer avec tous ceux qui sont impliqués dans le processus électoral: représentants des institutions républicaines, membres du gouvernement, du parlement, de la société civile, etc. Ils présenteront régulièrement au public un état des lieux de la situation des droits humains dans le pays, pendant la période électorale.
Eviter les troubles post-électoraux
Lors de la cérémonie d’installation, le président de l’IRCU, le révérend-père Jonah Lwanga, archevêque de l’Eglise orthodoxe d’Ouganda, a déclaré que le groupe de travail permettra de «combler le fossé entre les principes de base d’une élection transparente, démocratique, libre et équitable et les défis du processus électoral en 2011». «Ayant appris les leçons des récentes primaires des partis, nous avons décidé de répondre à l’appel pour prévenir la violence et les abus liés au processus électoral», a-t-il indiqué.
Il a justifié la création du groupe de travail, par la nécessité d’éviter des troubles post-électoraux, dus à la contestation des résultats des élections. Le Père Lwanga a notamment cité les cas du Kenya, de la République démocratique du Congo et de la Guinée Conakry, «où des niveaux sans précédent de violence ont été enregistrés après les élections, du fait de contestations nées de mauvaises pratiques électorales (…)».
Il a aussi déploré l’absence d’un «consensus minimum autour de la légitimité et de la légalité de la Commission électorale», alors que les préparatifs des élections avancent. «Pour nous, c’est un problème que nous devons essayer de résoudre de toute urgence, si les résultats des élections de 2011 doivent être acceptés par tous les partis politiques», a expliqué le Père Lwanga .
Pour sa part, le Secrétaire général du Conseil Joshua Kitakule a rappelé que les Ougandais ont perdu confiance en leur Commission électorale actuelle, depuis les dernières élections de 2006, à cause du manque «d’éthique, de l’extrémisme politique et de l’intolérance».
L’IRCU (sigle anglais du Conseil) est composé de l’Eglise catholique, du Conseil suprême des musulmans, ainsi que des Eglises orthodoxe et adventiste du septième jour. D’autres confessions religieuses, telles que les Eglises «indépendantes» pentecôtistes et évangéliques participent à ses programmes d’activités mais n’en sont pas membres. (apic/apmc/ibc/nd)




