Dignitaires musulmans et catholiques réunis pour éviter tout dérapage

Côte d’Ivoire: Des «hommes en uniformes» ont attaqué des mosquées à l’heure de la prière

Abidjan, 20 décembre 2010 (Apic) Le Conseil supérieur des imams (COSIM) et l’Eglise catholique de Côte d’Ivoire sont en contact, depuis vendredi 17 décembre, après l`attaque à la grenade des mosquées de Bassam et d’Abobo, tuant une personne et faisant plusieurs blessés. Ils entendent empêcher toutes violences d’ordre religieux en Côte d’Ivoire.

Selon l’imam Sékou Sylla, chargé de la communication du Conseil supérieur des imams (COSIM), des hommes en uniforme ont lancé, vendredi 17 décembre, une grenade dans la mosquée de Grand-Bassam, (à une quarantaine de kilomètres au sud d`Abidjan) et d’Abobo, au moment où les fidèles, rassemblés pour la prière, attendaient l’arrivée de l’imam. On a déploré des pertes en vie humaine, des blessés et des dégâts matériels. Le bilan des deux attaques à la grenade n’a pas encore été établi. Les auteurs ne sont toujours pas identifiés.

Mosquée encerclée à Williamsville

A Williamsville (quartier d`Abidjan nord, proche d’Abobo), les fidèles musulmans n’ont pas pu prier le vendredi 17 décembre. La mosquée était encerclée par des hommes en uniformes, a précisé l’imam Sylla.

Si certains veulent soulever les sudistes contre les nordistes, les musulmans contre les chrétiens, «nous sommes en contact avec des responsables de l’Eglise catholique pour éviter que la situation ne dégénère» en violences interreligieuses, a déclaré l’imam Sylla, dont l’organisation regroupe 90% des imams du pays.

Attaques contre le caractère laïc de l’Etat

Le COSIM a condamné «ces attaques ignobles». Il est indigné contre «ces pratiques qui contredisent le caractère laïc de l’Etat de Côte d’Ivoire». Il a appelé la communauté nationale, et en particulier la communauté musulmane, à garder son calme.

«Le COSIM, fidèle à son idéal de justice et de respect de l’autre, demande à toute la communauté musulmane (dont il comprend la douleur) d’éviter des actes de vengeance, notamment sur d’autres lieux de culte», a invité le communiqué. Il a rappelé que la communauté musulmane entretient avec toutes les confessions religieuses du pays, des rapports de bonne intelligence et de cohabitation fraternelle.

Pour le COSIM, la crise dans laquelle la Côte d’Ivoire est plongée, trouve «sa source dans les incompréhensions purement politiques». Des individus dont l’inconscience n’a d’égale que l’inculture, tentent (…) d’allumer la mèche d’un conflit religieux. Les musulmans ont conscience de leurs responsabilités et ne s’inscriront jamais dans cette voie satanique», a conclu le communiqué.

Réactions de colère

Après l’attaque, de jeunes musulmans en colère ont incendié la voiture du commissaire de police. Une voiture de la télévision publique RTI (Radio télévision ivoirienne) a aussi été brûlée, selon certains habitants.

La Côte-d’Ivoire traverse une grave crise politique, à la suite du refus de Laurent Gbagbo (président sortant) de quitter le pouvoir, battu au second tour de l’élection présidentielle par Alassane Ouattara (ancien Premier ministre, musulman), selon les résultats de la Commission électorale indépendante du 28 novembre. (apic/com/ibc/ggc)

20 décembre 2010 | 15:38
par webmaster@kath.ch
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