Suisse: Caritas réunit 200 personnes autour du quatrième âge
Pour que personne ne s’excuse de vivre longtemps
Berne, 14 janvier 2011 (Apic) Les personnes âgées et leur prise en charge étaient au cœur du Forum Caritas, le 14 janvier à Berne. Près de 200 personnes, représentants des Eglises, des œuvres d’entraide mais également de la politique et de l’économie, étaient réunies dans la grande salle du Kultur-Casino, pour débattre du «grand âge».
«Pourquoi Caritas se penche-t-elle sur la question du quatrième âge?», interroge Hugo Fasel, directeur de l’œuvre d’entraide catholique. Et de répondre que Caritas s’est fixé l’objectif de réduire de moitié la pauvreté en Suisse, d’ici 2020. Un but que l’œuvre d’entraide juge réalisable, pour autant que les politiques soient plus adaptées, tournées vers la prévention du risque. Or, les personnes âgées sont particulièrement sujettes à la pauvreté. Il est donc nécessaire de mettre l’accent sur cette thématique, afin que les «vieux» deviennent une préoccupation politique et sociale.
Des conférences, il ressort que la présence de citoyens du quatrième âge est une réalité sociale en Suisse et une tendance qui va grandissante. Cette évolution ne doit pas être vue en terme de risque, mais plutôt d’opportunité. Et surtout, insiste dans un cri du cœur Otto Piller, président de Curaviva Suisse, «aucune personne ne doit avoir à s’excuser parce qu’elle vit longtemps».
Le quatrième âge ne doit pas être un diagnostique
Pour éviter qu’une personne âgée ne soit considérée, ou qu’elle se considère elle-même, comme un poids, les conférenciers ont présenté plusieurs pistes. Premièrement, il s’agit de continuer à financer notre Etat social qui, martèlent Otto Piller et Pierre-Yves Maillard, – Conseiller d’Etat vaudois – est parfaitement finançable. Deuxièmement, il faut offrir le choix d’une prise en charge adaptée aux besoins et aux désirs du principal intéressé et de son entourage, qu’elle soit familiale ou étatique. Il est également nécessaire de créer des ponts entre les différentes générations, afin de promouvoir l’interconnaissance. Enfin, il faut apprendre à aborder le quatrième âge de manière holistique, en réalisant qu’il s’agit de personnes et non d’un seul diagnostique médical ou financier, plaide Martin Mezger, spécialiste des questions traitant de l’âge et des générations.
La quatrième âge, initiateur d’un renouveau?
Dans une société de la «vie longue», comme la nôtre, il est impératif de modifier notre rapport au «grand âge», de développer un véritable «ars senescendi», un art de vieillir, comme nous enjoint à le faire Martin Mezger. Et si ce n’est par altruisme, nous pouvons nous engager par égoïsme car, nous sommes tous touchés par le vieillissement. Si nous relevons ce défi, le quatrième âge pourrait devenir l’initiateur d’un renouveau, celui de notre propre rapport à la vieillesse.
La rencontre, modérée par Iwona Meyer et Iwan Rickenbacher, réunissait Otto Piller, Kathrin Amacker – responsable de la communication d’entreprise au sein de Swisscom -, Pierre-Yves Maillard, Martin Mezger et Jean-Pierre Fragnière – ancien directeur scientifique de l’Institut Universitaires Ages et Générations (INAG). Entre les conférences, des extraits des films de Marianne Pletscher sur les personnes âgées ont été diffusés. (apic/amc)




