Le cardinal Bagnasco condamne les agissements de Berlusconi

Rome: L’affaire ’Rubygate’ provoque un «malaise moral» dans la société italienne

Rome, 24 janvier 2011 (Apic) Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, s’est à nouveau fait tancer par l’Eglise italienne lundi 24 janvier dans le cadre du «Rubygate». Il est soupçonné d’avoir payé les services d’une prostituée mineure. Le cardinal Angelo Bagnasco, président de la Conférence épiscopale italienne, a parlé à ce propos de «malaise moral».

Le chef de l’Eglise italienne a souhaité que la scène politique italienne ne soit plus le théâtre «de comportements contraires à la bienséance publique», auxquels les Italiens assistent avec «effarement et un malaise moral évident».

Le cardinal Bagnasco l’a dit dans son discours d’ouverture de la réunion du Conseil permanent de la Conférence épiscopale italienne (CEI), le 24 janvier 2011 à Ancône en Italie, condamnant également la christianophobie au Moyen Orient et mettant en garde contre les «menaces sournoises» dont la liberté religieuse fait l’objet en Europe.

Le cardinal Bagnasco a souhaité que l’Italie sorte «rapidement et définitivement d’une phase de confusion, qui mêle faiblesse éthique et agitation politique et institutionnelle». La péninsule voit se multiplier les révélations «de comportements contraires à la bienséance publique et (…) de styles incompatibles avec la sobriété et la loyauté», a regretté le prélat. Il a également mis en cause «la masse d’instruments d’enquête» utilisés dans le cadre du ’Rubygate’, nom de Ruby, la jeune fille avec laquelle Silvio Berlusconi est soupçonné d’avoir eu des relations sexuelles alors qu’elle n’avait que 17 ans.

Ne pas pervertir les idéaux

La population italienne suit «avec effarement les acteurs de la vie publique et ressent un malaise moral évident», a souligné le président de la CEI. Il craint la diffusion de «venins subtils dans les psychologies» et que le pays ne reste définitivement «pollué».

L’archevêque de Gênes a particulièrement mis en garde les jeunes, qui ne doivent pas recevoir «des idéaux pervertis, gâtés de l’intérieur». Dès lors, le prélat a souhaité que la lumière soit faite «rapidement et sereinement» sur cette affaire.

Les propos du cardinal Bagnasco faisaient écho à ceux tenus par les autorités du Vatican, quelques jours plus tôt, à propos du ’Rubygate’. Le 20 janvier, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, avait appelé «ceux qui ont une responsabilité publique (…) à avoir et à assumer un engagement pour une moralité plus robuste, pour le sens de la justice et de la légalité». Le lendemain, le pape avait souhaité que «la société et les institutions publiques retrouvent leur ’âme’, leurs racines spirituelles et morales».

Christianophobie: une intolérance religieuse

Les persécutions des chrétiens et la liberté religieuse constituaient le second thème majeur du discours que le cardinal Bagnasco a prononcé, à Ancône en Italie. Au Moyen-Orient, a rappelé le président de la CEI, «la christianophobie est la version la plus courante de l’intolérance religieuse et n’est désormais pas loin de prendre la forme de l’épuration ethnique ou religieuse».

«On peut et on doit de toute urgence porter la question de la liberté religieuse» sur la scène internationale, par le biais d’institutions comme l’Organisation des nations unies ou l’Union européenne, selon le cardinal Bagnasco.

Le haut prélat a aussi exhorté les interlocuteurs de l’Eglise à admettre que la liberté religieuse faisait aussi l’objet «de menaces sournoises dans les pays de tradition démocratique, à commencer par l’Europe». Selon le cardinal, «un mal subtil accable l’Europe, provoquant une marginalisation du christianisme lente et souterraine, par des discriminations parfois évidentes, mais aussi par un étouffement silencieux des libertés fondamentales». (apic/i.media/cp/ggc)

24 janvier 2011 | 18:20
par webmaster@kath.ch
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