Nigeria: Quatre personnes tuées, mosquées et maisons incendiées

Le Conseil interreligieux préoccupé par ces violences récurrentes

Lagos, 28 janvier 2011 (Apic) Quatre personnes ont été tuées, cinq mosquées et cinquante maisons ont été incendiées lors de nouvelles violences entre musulmans et chrétiens au centre du Nigeria, dans la nuit du 26 au 27 janvier, a rapporté l’Agence France Presse (AFP). Le Conseil interreligieux tire la sonnette d’alarme.

Selon l’AFP, les affrontements nocturnes entre chrétiens et musulmans dans le centre du Nigeria ont été provoqués par une simple histoire de table de jeu de billard. Ils se sont produits à Tafawa Balewa entre jeunes chrétiens et musulmans, a déclaré un haut responsable de la police, Abdulkadir Mohammed Indabawa, cité par l’agence. Ils ont éclaté après un désaccord sur une question d’argent entre un joueur musulman et le propriétaire chrétien d’une salle de billard. L’incident avait pourtant été clos, suite à une médiation d’anciens joueurs qui se trouvaient dans la salle de jeu. Mais peu après, l’une des tables de jeu a été incendié. «Des jeunes chrétiens ont accusés de cet acte par des musulmans, ce qui les a aussitôt poussés à brûler des maisons et des mosquées», a déclaré Indabawa, ajoutant que «des affrontements ont ensuite éclaté entre groupes de chrétiens et de musulmans et quatre personnes ont été tuées».

Le centre du Nigeria est régulièrement touché par des vagues de violences, la plupart ayant lieu dans la ville de Jos (capitale du Plateau) et dans ses environs, où des luttes de pouvoir locales ont été à l’origine de heurts entre groupes ethniques musulmans et chrétiens.

Appel interreligieux à poursuivre les responsables

Les troubles de Tafawa Balewa ont eu lieu au lendemain de la première réunion trimestrielle 2011, à Ibadan, du Conseil interreligieux du Nigeria (NIREC), co-présidé par le Sultan de Sokoto, Alhaji Sa’ad Abubakar Mohammed, président du Conseil suprême nigérian des affaires islamiques (SCCIA) et par le pasteur Oritsejafor Ayo Pastor, président de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN). Le Conseil s’est dit préoccupé par ces violences récurrentes, qui touchent particulièrement les villes de Jos et Maiduguri, et a appelé les autorités fédérales, étatiques et les administrations locales, à rechercher, dénoncer et poursuivre les responsables de ces violences, a pour sa part relayé le quotidien nigérian «Daily Trust».

Dans leur communiqué en 25 points, lu aux journalistes à Ibadan par le coordinateur national et secrétaire exécutif du NIREC, Is-haq Oloyede, les membres du conseil ont condamné la recrudescence de la violence dans le pays, en particulier dans les Etats du Plateau et de Borno. Le Conseil interreligeux a exhorté les dirigeants musulmans et chrétiens à faire preuve de retenue dans leurs déclarations et publications, afin de ne pas aggraver la situation. Ils ont proposé aux gouvernements locaux, à tous les niveaux, d’élaborer des stratégies de lutte contre le chômage des jeunes et de créer des emplois rémunérés pour les citoyens. Ils ont également invité les mêmes gouvernements locaux, à élargir leurs conseils de sécurités aux dirigeants, pour plus d’efficacité dans la lutte contre les violences ethnico-religieuses.

Les chefs traditionnels et religieux à tous les niveaux ont été aussi invités à dire la vérité, avec courage, à tout moment, à préconiser de véritables solutions et à prôner la réconciliation entre les parties, même pour celles qui se sentent lésées. (apic/ibc/bb)

28 janvier 2011 | 11:27
par webmaster@kath.ch
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