Allemagne: 200 signatures pour le mémorandum des théologiens germanophones
Le texte rencontre éloges et critiques
Bonn, 8 février 2011 (Apic) Quatre jours après sa publication, le 8 février 2011, le mémorandum des théologiens germanophones compte plus de 200 signatures. La déclaration provoque de nombreuses réactions dans le milieu catholique.
Le 8 février au matin, le site internet www.memorandum-freiheit.de portait le nom de 208 professeurs de théologie. Depuis le 4 février, jour de la publication, plus de 60 signataires se sont joints au manifeste des théologiens. La liste des professeurs suisses s’est allongée de 3 noms: Othmar Keel et Max Küchler, de l’Université de Fribourg, et Franz Annen de la Haute Ecole de théologie de Coire.
Les théologiens catholiques d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse prônent, dans un mémorandum intitulé «Kirche 2011: Ein notwendiger Aufbruch» (Eglise 2011: un nouveau départ nécessaire), une série de réformes pour l’Eglise catholique. Ils ont plaidé, entre autres, pour une participation renforcée des croyants à la désignation des prêtres et évêques, l’ordination d’hommes mariés, une meilleure culture du droit dans l’Eglise et davantage de respect pour les décisions personnelles. Les homosexuels ou les personnes divorcées et remariées ne devraient plus être exclus de la participation aux sacrements.
Un document simplificateur
Depuis sa publication, le document a rencontré éloges et critiques. Et le débat se poursuit. Pax Christi, mouvement catholique pour la paix, a parlé d’»importantes impulsions». D’après sa secrétaire générale, Christine Hoffmann, le texte révèle l’importance de la participation des laïcs au dialogue interne à l’Eglise.
Pour Mgr Heinz Josef Algermissen, évêque de Fulda, le document est trop simplificateur. Si un dialogue est souhaitable, il ne doit cependant pas être bloqué d’entrée de jeu par des «pédanteries», a estimé l’évêque allemand.
Une décision difficile mais inévitable
La Communauté des femmes catholiques en Allemagne (kfd) salue la position des théologiens. «L’appel souligne une fois de plus l’urgence avec laquelle les réformes doivent avoir lieu dans l’Eglise. Nous partageons pleinement et entièrement cette position», a affirmé Maria Theresia Opladen, présidente de l’association, à Düsseldorf. Et de rappeler la déclaration publiée par le kfd en juin 2010 et intitulé «Die Chance zur Erneuerung ist jetzt» (La chance pour le renouvellement c’est maintenant).
Pour Wolfgang Beinert, dogmaticien émérite de Regensburg, la révision du célibat obligatoire des prêtres catholiques «est une décision difficile à laquelle on n’échappera pas». Avec une relève des prêtres qui est loin d’être assurée, l’Eglise ne pourra plus remplir son devoir en Europe centrale et dans de nombreuses autres parties du monde si elle n’agit pas. Wolfgang Beinert a affirmé à la radio bavaroise que, d’après ses informations, le Vatican réfléchissait justement à un changement sur la question. (apic/kna/am/gs/amc)




