Coire: Mgr Huonder et Martin Grichting s’expriment sur la nouvelle donne dans le diocèse
Pas de deuxième évêque auxiliaire pour Mgr Huonder et pas d’évêque auxiliaire du tout pour Zurich
Coire, 18 février 2011 (Apic) L’évêque de Coire a renoncé à nommer un deuxième évêque auxiliaire en la personne de Martin Grichting. Mgr Vitus Huonder et le vicaire général se sont exprimés sur la question dans différentes interviews.
Dans une interview filmée et diffusée sur le portail internet Kath.ch, Mgr Huonder soutient son vicaire général: «Martin Grichting est un collaborateur important et il continuera son travail même sans le titre d’évêque auxiliaire.»
Les discussions intenses de ces dernières semaines, entre l’évêché et les Eglises cantonales, avaient révélé combien le vicaire général était impopulaire. Martin Grichting avait une fois de plus remis en question le système suisse dual. Mgr Huonder déclare bien comprendre ses arguments «qui ne sont actuellement pas accepté par beaucoup, peut-être parce que ces personnes pensent trop peu au futur.»
Dans une interview accordée à Kath.ch, le vicaire général explique qu’il ne peut «faire aucune profession de foi au système de droit public ecclésiastique et que, pour cette raison, certaines personnes le considèrent comme une sorte d’hérétique.» Pour Martin Grichting, l’évêché de Coire reste au centre de ses préoccupations et «il est important que le vicaire général contribue à la paix dans le diocèse afin qu’il puisse avancer.»
Grichting, bouc émissaire
Dans l’émission «Echo der Zeit» de la radio suisse alémanique, Martin Grichting s’exprime sur le système suisse: «Les organes financiers de l’Eglise suisse se comportent vis-à-vis de la foi vraiment vécue à peu près comme une carrosserie de Rolls-Royce le ferait vis-à-vis d’un moteur de vélomoteur. Il y a un décalage énorme et les personnes le ressentent. Cela prouve que nous avons un réel besoin de réforme ici.»
Et d’ajouter, au journal télévisé: «Si je vivais aux Etats-Unis ou en Italie, aucun coq ne chanterait après moi. On ne me remarquerait absolument pas parce que je représente ce qui est normalement catholique. Comme en Suisse bien des choses qui arrivent dans l’Eglise universelle sont critiquées, je suis quelque part un bouc émissaire.»
Séparation de Zurich
Pour le vicaire général, le fait que l’Eglise zurichoise aurait pu se séparer de l’évêché s’il avait été nommé évêque auxiliaire reste du domaine de la spéculation. «Pour moi, l’unité de l’évêché était crucial et je voulais apporter ma contribution. Dans la situation actuelle, c’est la bonne décision qui permettra d’aller de l’avant.»
Rappel d’Eleganti à Coire
La décision de Mgr Huonder de rappeler l’évêque auxiliaire Marian Eleganti à Coire avait pour fondement le bien du séminaire. Le conseil épiscopal a considéré de façon unanime que ce changement était une bonne solution. Lorsqu’on le questionne sur le séminaire et son actuel supérieur, Ernst Fuchs, Mgr Huonder répond: «L’évêque est le plus haut responsable du séminaire. Il doit tout bien peser. L’évêque auxiliaire Marian Eleganti dirigera le séminaire selon les directives ecclésiales. Nous avons des principes définis et l’évêque auxiliaire les respectera.» Et d’ajouter qu’Ernst Fuchs a «bel et bien essayé de travailler selon ces fondements.»
Un nouvel évêque auxiliaire à Zurich?
Lorsque la télévision suisse alémanique demande à Mgr Huonder si Zurich aura bientôt à nouveau un évêque auxiliaire, il répond: «On m’a dit qu’il n’y avait pas besoin d’un évêque auxiliaire. Je m’en tiens à cette information.»
Une position qui n’est pas pleinement partagée par Benno Schnüriger, président du Conseil synodal de l’Eglise catholique zurichoise, même si ce dernier avoue à l’apic que Zurich n’a pas absolument besoin d’un évêque auxiliaire. Benno Schnüriger regrette cependant qu’on ait «enlevé» l’évêque auxiliaire de Zurich et Glaris. «Il est méprisant d’enlever aux catholiques des cantons de Zurich et Glaris, sans commentaire et sans leur demander leur avis, un évêque auxiliaire qu’on leur avait promis et dont on disait toujours qu’ils avaient besoin.» Pour Benno Schnüriger, il s’agit d’une décision qui témoigne d’un «dédain pour les gens mais également pour le clergé». «C’est un très mauvais signe pour la coopération dans l’évêché, avec le clergé et avec les organisations de droit public ecclésiastique.» (apic/gs/amc)




