Belgrade: Les Eglises d’Europe interpellent Catherine Ashton, Haute Représentante de l’UE

Protection de la liberté religieuse et des chrétiens dans le monde

Belgrade, 21 février 2011 (Apic) Le Comité conjoint de la Conférence des Eglises d’Europe (KEK) et du Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE) a interpellé lundi 21 février Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union Européenne (UE) pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune. Les Eglises européennes ont demandé que la protection de la liberté de religion et des chrétiens dans le monde soit mise à l’ordre du jour de la rencontre des Ministres des affaires étrangères de l’UE prévue justement le 21 février.

Le Comité conjoint de la KEK et du CCEE, qui tenait sa rencontre annuelle du 18 au 20 février à Belgrade, en Serbie, a discuté du thème «Identité nationale et intégration européenne: la contribution des chrétiens».

Cette rencontre s’est tenue à Belgrade, ville «pont» entre l’Est et l’Ouest, a souligné Mgr Stanislaw Hocevar. L’archevêque catholique de la capitale serbe a expliqué que Belgrade veut dire en serbe «Ville blanche»: «Ce nom, qui évoque pour nous l’absolu, la beauté du Christ Ressuscité et celle de la Ville céleste, nous rappelle qu’en revenant à la source de notre espérance et en nous rapprochant du flux qu’elle engendre, nous pouvons, en tant que chrétiens, contribuer à édifier la cité des hommes».

La question de l’identité nationale ne doit pas «dégénérer dans le nationalisme»

Les participants ont convenu que l’appartenance à une famille, à une nation et à d’autres types de communautés fait partie de l’identité de l’homme. «Même si chaque personne est unique, aucune ne peut pleinement vivre sa vocation sans entrer en relation avec les autres. Les chrétiens savent que leur identité fondamentale découle du baptême. Cette conscience les amène à découvrir leur nature d’hommes et à servir les autres. C’est de là que naît leur appartenance à l’Eglise, c’est-à-dire à la famille de Dieu. Cette appartenance, qui fait partie de leur identité, comporte des responsabilités sociales», peut-on lire dans la déclaration finale de la rencontre de Belgrade.

Bozidar Djelic, vice-Premier ministre responsable de l’intégration européenne et ministre de la Science et du développement technologique de la République de Serbie, a relevé que si le cadre de référence devait inclure également la question de l’identité nationale, il fallait éviter «qu’elle ne dégénère dans le nationalisme». C’est le seul moyen de trouver un terrain d’entente solide, a-t-il ajouté, «pour pouvoir ouvrir les bras aux autres sans craindre d’être détruits nous-mêmes».

Ne pas reléguer la dimension religieuse dans la vie privée

Dans cette situation, la liberté de religion ne veut pas dire reléguer la dimension religieuse dans la vie privée. «La liberté de religion est un droit et une valeur que toute société qui se veut démocratique doit promouvoir et sauvegarder», estiment les Eglises européennes réunies à Belgrade.

Dans cet esprit, les membres du Comité conjoint ont décidé de rédiger et transmettre une lettre à la baronne Catherine Ashton en demandant que la question de la protection de la liberté de religion et des chrétiens dans le monde soit mise à l’ordre du jour de la rencontre des Ministres des affaires étrangères de l’UE du 21 février.

Référence claire aux persécutions en cours contre les chrétiens en Irak

Ils demandent en outre un signal clair de l’Union Européenne qui doit manifester sa volonté de défendre la liberté de religion des croyants du monde entier, quelle que soit la religion à laquelle ils appartiennent. Une référence claire aux persécutions en cours contre les chrétiens, dont les derniers événements, en particulier au Moyen-Orient et en Irak, ont confirmé l’urgence. Les pays occidentaux qui entretiennent des relations spécifiques avec un pays où des persécutions sont en cours sont appelés à manifester leur volonté concrète de défendre ceux qui sont persécutés à cause de leur foi, quelle que soit leur religion.

10ème anniversaire de la Charte Œcuménique fêté à l’Université de Fribourg

Cette année, les Eglises fêtent le 10ème anniversaire de la signature de la Charte Œcuménique, paraphée le 22 avril 2001. Les membres du Comité conjoint, pour qui ce document n’est pas seulement un texte, mais un processus en développement permanent, ont salué l’initiative de l’Institut œcuménique de l’Université de Fribourg, en Suisse, qui organisera une rencontre pour commémorer cet événement le 9 mai prochain sur le thème «Communion ecclésiale en Europe».

La présence des Roms en Europe de l’Est

Le CCEE et la KEK s’apprêtent à lancer un processus commun de réflexion sur la situation des Roms provenant des pays membres de l’UE (Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie), où ils constituent des minorités parfois nombreuses. Cette réflexion, qui sera conduite par des experts, aura pour objectif de définir des initiatives concrètes destinées d’une part à les aider à mieux s’intégrer dans leur pays d’origine, et d’autre part à modifier la perception fausse que les habitants d’Europe ont trop souvent d’eux.

Les rapports avec l’islam

Conscients de l’importance des relations entre chrétiens et musulmans, le CCEE et la KEK ont lancé une série de consultations auprès de leurs Eglises et Conférences épiscopales respectives pour mieux connaître la réalité et les défis de ces relations. Au cours de l’année à venir, ces deux organismes continentaux ont l’intention de partager les résultats de leurs consultations respectives en vue de mettre au point des initiatives pour l’avenir.

(*) La Conférence des Eglises d’Europe (KEK) est une communion de 125 Eglises orthodoxes, protestantes, anglicanes et vieilles-catholiques de tous les pays d’Europe et de 40 organisations associées. Fondée en 1959, la KEK a des bureaux à Genève, Bruxelles et Strasbourg.

Le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) réunit les présidents des 33 Conférences épiscopales existant actuellement en Europe, représentées de droit par leur président, ainsi que les archevêques de Luxembourg et de la Principauté de Monaco et l’évêque de Chisinau (Moldavie). Il est présidé par le cardinal Peter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest, primat de Hongrie. Ses vice-présidents sont le cardinal Josip Bozanic, archevêque de Zagreb et le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux. Le secrétaire général du CCEE est le Père Duarte da Cunha. Le siège du secrétariat se trouve à Saint-Gall (Suisse). (apic/com/be)

21 février 2011 | 15:29
par webmaster@kath.ch
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