2’500 chrétiens vivent au milieu de 1,6 million de musulmans
Gaza: La petite minorité chrétienne effrayée après des attentats visant les «infidèles»
Gaza, 1er mars 2011 (Apic) La petite minorité chrétienne de la Bande de Gaza – près de 2’500 chrétiens, essentiellement grecs-orthodoxes – n’est pas très rassurée après le nouvel attentat qui l’a visée vendredi 25 février. Une grenade a été lancée contre la voiture qui transportait le docteur Maher Ayyad. Ce dernier, directeur de l’hôpital anglican de Gaza «Al Ahli Arab Hospital», a affirmé avoir été la cible d’une attaque antichrétienne.
Le chirurgien a reçu des menaces anonymes lui enjoignant de cesser sur-le-champ ses «activités missionnaires», faute de quoi il lui arriverait des choses plus graves encore.
Le docteur Maher Ayyad, âgé de 55 ans, a précisé que la voiture appartenant à son frère avait été détruite, mais qu’il n’y avait pas eu de blessés. Il avait reçu peu après l’attentat de nouvelles menaces, lui enjoignant de mettre un terme immédiatement à son «travail d’évangélisation».
En juin 2007, le complexe abritant le couvent catholique et une école des Soeurs du Rosaire à Gaza a été vandalisé lors des combats entre le Hamas et le Fatah pour le contrôle de la Bande de Gaza. Des inconnus avaient mis le feu au couvent et aux classes de l’école maternelle. En février 2008, un centre de l’Association de jeunesse chrétienne (YMCA) à Gaza a été attaqué par des hommes masqués, sa librairie complètement détruite, causant la perte de milliers d’ouvrages. Les militants ont accusé les gardes présents de travailler pour des «infidèles».
Les religieuses travaillent pour tout le monde, sans distinction de religion
La petite communauté chrétienne de Gaza a été particulièrement traumatisée par l’assassinat en octobre 2007 de Rami Khader Ayyad, âgé de 32 ans, directeur de la «Teacher’s Bookshop», la seule librairie chrétienne de ce territoire palestinien.
Sur les 1,6 million d’habitants de Gaza, on compte près de 2’500 chrétiens, et à peine plus de 200 catholiques latins. Ils vivent leur foi dans l’unique paroisse catholique de la Bande, celle de la Sainte Famille, relève pour sa part Marie Malzac, qui s’est rendue sur place en février dernier avec une équipe du Patriarcat latin de Jérusalem. (Cf. http://www.lpj.org)
La présence chrétienne à Gaza est soutenue par différentes communautés religieuses, qui œuvrent non seulement pour la paroisse latine, mais aussi pour tous les habitants de Gaza, sans distinction de religion. Il s’agit des missionnaires de la Charité de Mère Térésa, des Sœurs du Rosaire, des Petites Sœurs de Jésus et des Sœurs de l’Institut du Verbe Incarné, famille religieuse à laquelle appartiennent également les prêtres catholiques de Gaza. Tous deux sont Argentins: le curé, le Père Jorge (appelé par tous Abouna George) et le Père Elias.
Les écoles chrétiennes de Gaza, comme les deux établissements du Patriarcat latin, jouissent d’une très bonne réputation. Ils accueillent en tout près de 1’500 élèves, majoritairement musulmans du fait de la situation démographique de ce territoire. Les Missionnaires de la Charité et du Verbe Incarné s’occupent notamment d’enfants handicapés. (apic/lpj/com/be)




