Amérique latine: 1ère journée préparatoire au Congrès de Théologie latino-américain
La Théologie de la libération est toujours vivante, mais elle s’est diversifiée
Sao Leopoldo, 21 avril 2011 (Apic) 2012 sera l’occasion pour l’Eglise latino-américaine de célébrer un double anniversaire: les 50 ans du Concile Vatican II et les 40 ans de la publication du livre»Théologie de la Libération-Perspectives», du théologien péruvien Gustavo Gutierrez. Pour marquer cette double commémoration, Amérindia, le réseau catholique de théologie, a prévu d’organiser à Sao Leopoldo, au Brésil, en octobre 2012, un Congrès continental de théologie. Et pour le préparer, Amérindia a décidé d’organiser quatre «Journées théologique», dont la première aura lieu à Guatemala City, le 26 avril.
Analyse de la réalité ecclésiale actuelle, relecture de la Théologie de la libération (TDL) à partir du contexte actuel, tradition latino-américaine de la TDL, défis et devoirs futurs de la théologie latino-américaine, etc… Les participants ne manqueront pas de thèmes de travail pour évaluer ce qu’est devenue, un demi siècle après sa naissance, cette théologie qui avait posé comme postulat de départ «l’option préférentielle pour les pauvres» et qui entendait à l’époque répondre à une situation d’urgence économique et de crises politiques sur un continent laminé par la misère et les dictatures.
Une tradition héritière de Vatican II
«La tradition latino-américaine est l’héritière de Vatican II, explique Agenor Brigenthi, docteurs en Sciences Théologiques et professeur de Théologie à l’Université catholique (PUC) de l’Etat brésilien du Parana. Mais plus qu’un point d’arrivée, Vatican II a plutôt été un point de départ. Car si l’Eglise du continent n’a pas rompu avec le Concile, elle a néanmoins pris une certaine distance dans le cadre de ses institutions de base et de ses axes fondamentaux».
Exemple: le Concile conçoit l’Eglise comme peuple de Dieu, tandis que pour l’Eglise latino-américaine, l’Eglise-communauté, articulée en petites communautés, et en particulier en Communautés Ecclésiales de Base (CEBs,) est la forme la plus adéquate pour faire une réelle expérience de fraternité chrétienne.
Remobiliser les théologiens et les théologiennes après des années de marasme
Ces prises de distance n’ont pas toujours été bien admises par Rome. D’où le sentiment des membres d’Amerindia que le Congrès continental de 2012 est un «moment très important pour mobiliser la communauté théologique du continent, après des années particulièrement difficiles, marquées par des tensions, des désenchantements, un manque de perspectives, une dispersion et, y compris, une certaine démobilisation des théologiens et théologiennes». Une démobilisation qui n’a pas pour autant empêché une évolution notable de la TDL.
«Après l’enthousiasme des années 70, explique la théologienne Maria Clara Bingemer, enseignante à la Faculté de théologie de l’Université catholique de Rio, la TDL vit un moment d’autocritique et d’évaluation qui lui permet d’élargir son horizon et de sortir d’une perspective uniquement sociopolitique pour aller vers d’autres sujets, comme la race, l’ethnie, l’écologie ou encore l’identité sexuelle». Autant d’aspects qui seront évoqués lors de ces journées théologiques et du Congrès continental auquel participeront au moins cinq théologiens de chaque pays ainsi que des théologiens venus d’Europe, d’Asie et d’Afrique. (apic/jcg/ve)




