Zagreb : Benoît XVI invite les familles à contester la mentalité sécularisée
Ne pas négliger la qualité de la relation
Antoine-Marie Izoard, agence I.MEDIA
Zagreb 5 juin 2011 (Apic) Benoît XVI a fermement appelé les familles catholiques à ne pas céder à la mentalité sécularisée qui menace l’institution familiale. Lors de la messe dominicale du 5 juin 2011, célébrée sur l’hippodrome de Zagreb devant quelque 400’000 fidèles, le pape a souhaité des familles courageuses appelées à «contester une telle mentalité».
Au deuxième et dernier jour de sa brève visite en Croatie, Benoît XVI célébrait la messe à l’occasion de la première Rencontre nationale des familles catholiques. Il a mis en garde devant les expériences éphémères, les unions hors mariage, l’amour réduit à «une émotion sentimentale et à une satisfaction de pulsions instinctives».
Pour Benoît XVI, la famille, qui reste une réalité humaine fondamentale aujourd’hui, a particulièrement besoin d’être évangélisée et soutenue face aux difficultés et aux menaces. Les familles chrétiennes sont une ressource décisive pour l’éducation à la foi, pour l’édification de l’Eglise comme communion. La présence de familles chrétiennes exemplaires est plus que jamais nécessaire et urgente. Malheureusement, le pape constate, spécialement en Europe, que se répand une sécularisation qui porte à la marginalisation de Dieu dans la vie et à une croissante désagrégation de la famille.
L’amour n’est pas une émotion sentimentale
Cette mentalité absolutise une liberté sans engagement pour la vérité, et entretient comme idéal le bien-être individuel à travers la consommation des biens matériels. Les expériences éphémères négligent la qualité des relations avec les personnes et les valeurs humaines plus profondes. Pour Benoît XVI, «on réduit l’amour à une émotion sentimentale et à une satisfaction de pulsions instinctives, sans s’engager à construire des liens durables d’appartenance réciproque et sans ouverture à la vie. Nous sommes appelés à contester une telle mentalité !»
Le témoignage et l’engagement des familles sont très importants, surtout pour affirmer l’intangibilité de la vie humaine depuis la conception jusqu’à sa fin naturelle. La famille fondée sur le mariage a une valeur unique et irremplaçable, a insisté le pape, en rappelant la nécessité de mesures législatives qui soutiennent les familles dans leur tâche d’engendrer et d’éduquer les enfants.
«Chères familles, soyez courageuses ! Ne cédez pas à la mentalité sécularisée qui propose la cohabitation comme une préparation, ou même une substitution du mariage. Montrez par votre témoignage de vie qu’il est possible d’aimer, comme le Christ, sans réserve, qu’il ne faut pas avoir peur de s’engager pour une autre personne. Réjouissez-vous de la paternité et de la maternité. L’ouverture à la vie est signe d’ouverture à l’avenir, de confiance dans l’avenir, de même que le respect de la morale naturelle libère la personne au lieu de l’humilier. Le bien de la famille est aussi le bien de l’Eglise», a conclu Benoît XVI.
La messe pontificale a été célébrée en plusieurs langues, à côté du croate et du latin, les fidèles ont aussi entendu le slavon, l’antique langue liturgique des slaves. Le pape a prononcé une large partie de son homélie en italien qu’un interprète traduisait au fur et à mesure en croate. De nombreux évêques venus des pays voisins, l’Autriche, la Slovénie, l’Italie, la Bosnie-Herzégovine ou encore la Pologne ont concélébré avec le pape. Lors de la prière de midi qui a suivi, Benoît XVI a également salué la foule en slovène, serbe, macédonien, hongrois, albanais et allemand. (apic/ami/mp)




