Etats-Unis: Harry Potter, chantre des valeurs chrétiennes?
Un jeune sorcier en quête spirituelle
Washington, 18 juillet 2011 (Apic) Quels liens existent-ils entre Harry Potter et le message chrétien? Le débat, amorcé il y a treize ans avec le premier opus de la saga, refait surface à l’occasion de la sortie – le 13 juillet – dans les salles obscures d’»Harry Potter et les Reliques de la Mort».
En 7 livres – 4’100 pages – J. K. Rowling a remporté un pari de taille: avec 400 millions d’exemplaires vendus, «Harry Potter» ridiculise «tout livre qui n’ait été écrit ni par Dieu ni par Mao», estime le magazine évangélique américain «Christianity Today».
Si les critiques louent d’une seule voix le génie littéraire de l’auteure, l’ouvrage fait débat dans les milieux religieux. Et d’aucuns de s’interroger: le jeune homme à la cicatrice est-il un bon chrétien?
Depuis la sortie en 1998 du premier opus – Harry Potter à l’école des sorciers -, la série n’a cessé de rencontrer l’opposition de chrétiens engagés: l’histoire ferait l’apologie des sorciers et de la sorcellerie, ennemis de Dieu. Cependant, les milieux religieux sont loin d’être unanimes et d’innombrables voix s’élèvent pour réhabiliter Harry et «son petit monde», soulignant la «spiritualité» qui émane de la saga et la profonde moralité de ses personnages.
Une vie en accord avec les valeurs chrétiennes
«Pour moi, Harry est une personne en recherche dans un monde où le christianisme ne fait pas partie du vocabulaire. Je pense qu’il cherche à vivre une vie de foi, comme les chrétiens cherchent à vivre une vie de grâce», déclare Danielle Tumminio – qui dispense un cours sur la foi chrétienne et Harry Potter – à la chaîne d’information américaine CNN. Pour la pasteure épiscopalienne, «Harry mène une vie en accord avec les valeurs chrétiennes. Il grandit dans l’amour du prochain, il donne sa vie pour la communauté, il prend encore et encore les décisions qui sont bonnes pour autrui.»
Danielle Tumminio considère cependant que l’objectif de J.K. Rowling n’était pas prosélyte: «Harry Potter est moins intéressé par enseigner une doctrine que par poser des questions existentielles. Comment une personne doit-elle répondre au mal? Est-il possible de maintenir une relation par delà la mort? Peut-on croire en l’amour sans preuve de son pouvoir?» Chacun peut s’identifier à la recherche d’Harry, car «sa quête est notre quête, ce qu’il cherche, nous le cherchons».
Une âme transformée par le Christ
Soulignant que le succès d’Harry Potter révèle, plus que ne crée, la grande faim spirituelle qui caractérise notre temps, John Granger, auteur de plusieurs ouvrages sur Harry Potter, remarque que la saga s’inscrit dans la tradition de la littérature chrétienne: comme le Christ, Harry se sacrifie avant de ressusciter.
Dans «Christianity Today», il estime que J.K. Rowling, comme C.S. Lewis, auteur des «Chroniques de Narnia», avant elle, a écrit une allégorie de la transformation de l’âme par le Christ. «Nous avons tous des cœurs sombres que seul le Christ peut illuminer», conclut-il. (apic/cnn/christianity today/amc)




