Allemagne: Le pape rencontre des représentants juifs
Dans l’Eglise, nul ne peut renoncer au dialogue avec les juifs
Berlin, 22 septembre 2011 (Apic) Devant une quinzaine de responsables de la communauté juive allemande, à Berlin, le 22 septembre 2011, Benoît XVI a affirmé que le dialogue avec les juifs était valable «pour l’Eglise catholique tout entière». Des propos prononcés alors que Rome a récemment tendu la main aux fidèles de la Fraternité Saint-Pie X, qui s’oppose en particulier au dialogue avec les autres religions.
Devant des responsables juifs rassemblés dans une salle du Bundestag, le pape a ainsi souhaité évoquer «avec grande appréciation (…) le dialogue de l’Eglise catholique avec le judaïsme, un dialogue qui s’approfondit». Et Benoît XVI d’assurer aussitôt que l’Eglise ressent une grande proximité avec le peuple juif.
«Avec la déclaration Nostra aetate du Concile Vatican II, on a commencé à parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d’amitié», a alors rappelé le pape, reprenant une expression du discours qu’il avait prononcé à la synagogue de Rome (Italie) le 17 janvier 2010. «Ceci vaut pour l’Eglise catholique tout entière, dans laquelle le bienheureux Jean Paul II s’est engagé de façon particulièrement vigoureuse en faveur de ce nouveau chemin», a aussitôt précisé le pape.
Réserve des juifs allemands à l’égard des lefebvristes
Quelques minutes auparavant, devant le pape, le président du Conseil central des juifs d’Allemagne avait fait part de son opposition à la béatification de Pie XII (1939-1958). Dieter Graumann avait aussi mis en garde l’Eglise catholique face à un éventuel retour dans la pleine communion avec Rome des fidèles lefebvristes, évoquant leur fondamentalisme et leur antisémitisme.
La déclaration conciliaire Nostra aetate d’octobre 1965, sur les relations avec le judaïsme et les religions non-chrétiennes, constitue l’une des principales pommes de discorde entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X. Rome vient de demander à la fraternité séparée depuis 1988 d’accepter certains principes doctrinaux s’il elle souhaite retourner au sein de l’Eglise.
Les héritiers de Mgr Marcel Lefebvre rejettent tout dialogue avec les autres religions monothéistes. Récemment encore, le responsable français de l’institution avait évoqué le «sandale» que représente à ses yeux la prochaine rencontre interreligieuse d’Assise (Italie), programmée le 27 octobre. Il voyait dans cette prochaine «réunion des représentants de toutes les fausses religions» une «foire des religions» et un «effroyable blasphème envers Dieu». (apic/imedia/ami/js)




