«Le plus gros échec en matière de droits de l’Homme dans ce pays»
Irlande: Amnesty accuse des prêtres pédophiles de «torture»
Dublin, 27 septembre 2011 (Apic) L’organisation des droits de l’Homme Amnesty International accuse, dans son rapport «In Plain Sight» publié le 26 septembre à Dublin, certains prêtres pédophiles irlandais d’avoir torturé leurs victimes. Pour Colm O’Gorman, directeur d’Amnesty Irlande, lui-même victime de tels abus, ces viols sont «sans doute le plus gros échec en matière de droits de l’Homme dans ce pays».
«Des enfants ont été torturés. Ils ont été brutalisés, battus, affamés et abusés. Ces victimes n’ont pas beaucoup eu droit à la justice», a-t-il poursuivi. Colm O’Gorman a indiqué qu’un rapport judiciaire concernant les foyers et autres institutions pour enfants de 1936 à nos jours décrivait des abus entrant dans «le cadre légal de la définition de la torture donnée par le droit international».
L’enquête d’Amnesty, «In Plain Sight» (»A la vue de tous»), présentée par la ministre chargée de l’enfance, Frances Fitzgerald, s’accompagne d’un sondage selon lequel une écrasante majorité d’Irlandais juge que la société dans son ensemble porte une responsabilité dans ce scandale de pédophilie.
Responsabilité de tous
«Ces abus ont eu lieu non pas parce que nous n’étions pas au courant, mais parce que beaucoup de gens dans la société ont détourné les yeux, a accusé Colm O’Gorman. Les enfants ont été abandonnés au chaos, personne n’était responsable des fautes commises, personne n’était là pour les protéger et s’occuper d’eux.»
En juillet, un rapport gouvernemental sur des actes commis entre 1996 et 2009 par 19 prêtres du diocèse de Cloyne, dans le sud du pays, avait provoqué un conflit avec le Vatican. Le premier ministre irlandais Enda Kenny avait violemment condamné le Saint-Siège dans cette affaire. A la suite de ces critiques, le Vatican avait rappelé son nonce apostolique en Irlande «pour consultations». Il avait ensuite nié avoir «entravé» les enquêtes menées en Irlande sur ces actes pédophiles, mais reconnu de «graves manquements» de l’Eglise locale. (apic/com/ag/job/js)




