Attendre sa venue


Le temps de l’Avent nous invite à réfléchir et sur ce qui va advenir et sur ce qui demeure et sur les moyens que nous avons pour demeurer.
Le vrai danger, le danger qui nous menace tous, c’est d’être distraits de l’essentiel, de confondre ce qui demeure avec ce qui passe. Le vrai danger c’est d’oublier que le Maître va venir et qu’il faut être prêts à le suivre.

Une nouvelle année s’ouvre aujourd’hui. Une année liturgique, avec l’évangéliste St Mathieu. Année durant laquelle, de dimanche en dimanche, nous allons écouter la Parole de Dieu qui éclaire en vérité le sens de nos vies.

Nous commençons ainsi l’année liturgique par le temps de l’Avent. Le mot Avent signifie littéralement «venue». A l’époque de Jésus, ce mot était utilisé dans le vocabulaire officiel pour désigner l’entrée solennelle d’un roi dans une ville.

Comme Jésus est le Christ-Roi de l’Univers, les premiers chrétiens ont donc repris ce mot pour désigner la venue de Jésus. Et de fait, Jésus est notre Roi. Nous attendons sa venue. La venue de son règne.

Cette venue est double: d’abord il vient à Noël, la première venue du Fils de Dieu mais cette venue prépare sa venue définitive, la seconde, celle de la fin des temps. Entre ces deux venues qui transcendent l’histoire, il est des venues plus ponctuelles, celles de chaque jour, où Dieu se propose à notre liberté pour faire une alliance d’amour.

Ainsi, quant à la venue, Dieu est vraiment le Dieu qui est venu, qui vient et qui viendra. Sa venue est donc de tous les temps!

Le premier dimanche de l’Avent s’oriente ainsi vers la seconde venue de notre Seigneur, celle de la fin des temps, placée juste au-devant de nous: «Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra… Tenez-vous donc prêts, vous aussi: c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.»

Pourquoi est-ce que Jésus nous cache une chose aussi importante que le jour de cette seconde venue? Serait-ce un mal que de connaître à l’avance l’heure de cette venue définitive?

Soyons clairs, pour chacun de nous, ce moment correspondra à l’heure de notre mort.
L’heure de sa venue et l’heure de notre mort sont la même heure. Pour le dire autrement, quand le temps sera pour nous échu nous entrerons dans l’éternité. Et parce que Dieu est un bon pédagogue, il ne nous a pas dit le jour… où il viendra.  Il ne veut pas nous dire ce qu’il n’est pas bon pour nous de connaître.

Car il sait bien l’angoisse terrible que susciterait en nous le fait de savoir, à l’avance, l’heure exacte, et de voir s’approcher lentement et inexorablement ce moment fatidique. Ainsi est-ce bien pour nous préserver que Dieu nous cache certaine chose! Dieu nous laisse dans une certaine ignorance pour notre bien.

Mais attention de ne pas confondre ignorance et inaction! Puisque nous sommes dans l’ignorance, il est quand même une attitude toujours juste, celle de la vigilance.

L’Evangile le dit: «Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où le Seigneur viendra… tenez vous donc prêts, vous aussi: c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.»
La vigilance est un état de veille, d’attention sans défaillance. Pour le dire autrement, le  vigilant est le contraire de l’homme endormi, assoupi. Durant ce temps de l’Avent, l’Eglise veut nous inviter à la vigilance pour nous mettre en disposition d’attente.

L’attente se présente comme un espace pour aviver le désir. Pour faire grandir le désir. Quelqu’un va venir. Quelqu’un d’important, de très important. IL S’AGIT EN NOUS DE FAIRE GRANDIR CE DESIR. Nous attendons un grand et beau rendez-vous est placé juste au devant nous! Une rencontre plénière!

Dieu vient. Sa venue est certaine, et cette venue est juste au devant de nous.

La venue de Dieu, l’avènement du fils de l’homme, dans le fond, c’est la seule chose qui soit vraiment certaine. Tout passera. Mais seule cette certitude demeurera pour toujours.

Tout va passer, comme les vagues qui effacent les inscriptions sur le sable.
Tout va passer, même le temps.
Tout va passer, s’effacer, sauf une seule chose, la seule qui demeure.

C’est ce que nous dit Saint Jean:
«Or le monde passe avec ses convoitises; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement» (1 Jn 2, 17).

Entendez bien! Il y a donc quelqu’un qui ne passe pas, et c’est Dieu, et il existe aussi un moyen pour que nous ne passions pas complètement, nous non plus: faire la volonté de Dieu, c’est-à-dire croire, adhérer à Dieu.

Le temps de l’Avent nous invite donc à réfléchir et sur ce qui va advenir et sur ce qui demeure et sur les moyens que nous avons pour demeurer.
Le vrai danger, le danger qui nous menace tous c’est d’être distraits de l’essentiel, de confondre ce qui demeure avec ce qui passe. Le vrai danger c’est d’oublier que le Maître va venir et qu’il faut être prêts à le suivre.

 

Seigneur, je veux retenir l’essentiel: Tu es le Dieu qui vient jusqu’à nous.
Je ne sais pas quand tu viendras, mais je sais que ta venue sera inATTENDUE.

«C’est à l’heure que vous n’y penserez pas que le fils de l’homme viendra».

Seigneur, L’important ce n’est pas de connaître la date de ta venue.
L’important, c’est de s’y préparer. D’aviver le désir de cette rencontre.
L’important c’est d’être vigilant et de se tenir prêt.

C’est donc aujourd’hui, que je dois me convertir.
C’est-à-dire me retourner vers ce qui est vraiment essentiel.

Seigneur, apprends-nous à rester éveillés, aides-nous à être vigilants, toujours prêts à accueillir l’inattendu.

En signe de cette attente confiante, nous allumons la première bougie de l’Avent, la bougie de la vigilance!

Amen.

Père Jérôme Jean

Jérôme Hauswirth

Le père Jérôme Jean (c’est son vrai prénom) habite en Valais, dans la commune de Collombey-Muraz. Il est curé «in solidum» des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz. Il est un partisan engagé d’une messe dominicale cordiale (apéro systématique au sortir de la messe), familiale (catéchèse par degrés d’âge lors de toutes les messes) et belle (apport instrumental, liturgie classique et soignée). Ignatien quant à sa direction spirituelle, thomasien quant à sa formation intellectuelle, de spiritualité du Carmel quant à son âme, le Père Jérôme essaye de tirer le meilleur de ce qu’il trouve de bon.

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