Deux disques monastiques au pied du sapin


A l’approche de Noël, nombreuses sont les personnes qui cherchent à acheter des disques de musique de circonstance, pour offrir à leurs proches, ou pour se mettre eux-mêmes dans l’esprit de la fête par l’écoute du riche répertoire dédié à cette solennité. Si l’on veut varier et écouter autre chose que les traditionnels «Douce nuit», «Les anges dans nos campagnes» ou «Il est né le divin enfant», de plus en plus d’enregistrements proposent de parcourir le répertoire liturgique, souvent de façon fort intéressante. Ce sont deux de ces disques, tous deux issus de la tradition monastique, que je vous propose de découvrir.

Le premier CD nous vient de l’abbaye d’Echourgnac, en Dordogne. Cette dernière, fondée en 1868 par des moines trappistes, est aujourd’hui occupée par des sœurs trappistines. Le disque, qui donne un aperçu des offices célébrés en ce lieu, se divise en trois périodes: l’Avent, Noël, pour terminer avec l’Epiphanie et le Baptême du Seigneur. La plupart des pièces sont des chants liturgiques en français, que l’on doit à des compositeurs bien connus dans nos paroisses: Philippe Robert, Marcel Godard ou encore Jacques Berthier. Relevons également la présence de «Merveille que les anges», beau noël anglais, chanté sur les paroles françaises de sœur Marie-Pierre Faure. D’autres chants sont empruntés au répertoire du plain-chant, comme «Hodie Christus natus est». Pour sa part, l’orgue fait également entendre de belles œuvres, telles que le choral de l’Avent «Nunkomm, der HeidenHeiland» (connu dans nos paroisses en tant que «Toi qui viens pour tout sauver»), ici dans la version pour orgue de Dietrich Buxtehude, compositeur nord-allemand ayant beaucoup influencé J. S. Bach. De Bach lui-même, on entend également dans ce disque deux mouvements de la première sonate en trio en mi bémol. A noter enfin que, ce disque étant le véritable reflet des liturgies de l’abbaye, les lectures de textes bibliques trouvent également leur place.

Ce CD est très bien conçu et permet de retrouver chez soi l’atmosphère des offices monastiques. On sent que la communauté a voulu offrir ce témoignage, en toute simplicité. Certes, habitués que l’on peut être aux disques de chœurs professionnels, on remarquera que les sœurs n’ont évidemment pas une technique parfaite, certains passages souffrant quelque peu sur le plan de la maîtrise vocale. Mais cela n’empêche pas de sentir la sincérité de ce qui est chanté. Il y a quelque chose d’apaisant et de vrai dans ce disque, qui dépasse l’aspect purement technique. A noter encore que ce disque peut donner des idées de répertoire à un auditeur qui serait chef de chœur ou responsable de l’animation liturgique en paroisse.

Le second enregistrement, dans lequel on entend le chant des moines bénédictins de l’abbaye de Triors, dans la Drôme, se situe clairement dans un autre registre: celui du chant grégorien. Rien d’étonnant à cela: Notre-Dame de Triors appartient à la congrégation de Solesmes, connue pour son rôle dans la restauration du plain chant. Cet enregistrement fait partie d’un projet des moines de Triors de proposer une discographie couvrant tout le cycle du calendrier liturgique. Ici, ce sont les mêmes périodes que dans le disque de sœurs d’Echourgnac qui sont concernées. Les proportions sont un peu plus conséquentes, puisque l’enregistrement consiste en réalité en un coffret de trois disques, le premier couvrant la période de l’Avent, le second celle de Noël, et le troisième le temps de l’Epiphanie. C’est la musique de la messe que l’on y entend. Ainsi, le premier disque se subdivise en quatre parties, correspondant aux messes des quatre dimanches de l’Avent, de même que les deux autres sont organisés en fonction des différentes célébrations des périodes concernées.
Pour un amateur de chant grégorien, ce coffret est très riche. Les moines chantent très bien le plain chant, dans la plus pure tradition de Solesmes, bien sûr. Il s’agit d’une belle occasion de redécouvrir en cette période de fin d’année le magnifique répertoire grégorien, riche tradition que l’on délaisse parfois un peu trop dans nos communautés…

Damien Savoy

Deux disques monastiques au pied du sapin

A l’approche de Noël, nombreuses sont les personnes qui cherchent à acheter des disques de musique de circonstance, pour offrir à leurs proches, ou pour se mettre eux-mêmes dans l’esprit de la fête par l’écoute du riche répertoire dédié à cette solennité. Si l’on veut varier et écouter autre chose que les traditionnels «Douce nuit», «Les anges dans nos campagnes» ou «Il est né le divin enfant», de plus en plus d’enregistrements proposent de parcourir le répertoire liturgique, souvent de façon fort intéressante. Ce sont deux de ces disques, tous deux issus de la tradition monastique, que je vous propose de découvrir.

 

Le premier CD nous vient de l’abbaye d’Echourgnac, en Dordogne. Cette dernière, fondée en 1868 par des moines trappistes, est aujourd’hui occupée par des sœurs trappistines. Le disque, qui donne un aperçu des offices célébrés en ce lieu, se divise en trois périodes: l’Avent, Noël, pour terminer avec l’Epiphanie et le Baptême du Seigneur. La plupart des pièces sont des chants liturgiques en français, que l’on doit à des compositeurs bien connus dans nos paroisses: Philippe Robert, Marcel Godard ou encore Jacques Berthier. Relevons également la présence de «Merveille que les anges», beau noël anglais, chanté sur les paroles françaises de sœur Marie-Pierre Faure. D’autres chants sont empruntés au répertoire du plain-chant, comme «Hodie Christus natus est». Pour sa part, l’orgue fait également entendre de belles œuvres, telles que le choral de l’Avent «Nunkomm, der HeidenHeiland» (connu dans nos paroisses en tant que «Toi qui viens pour tout sauver»), ici dans la version pour orgue de Dietrich Buxtehude, compositeur nord-allemand ayant beaucoup influencé J. S. Bach. De Bach lui-même, on entend également dans ce disque deux mouvements de la première sonate en trio en mi bémol. A noter enfin que, ce disque étant le véritable reflet des liturgies de l’abbaye, les lectures de textes bibliques trouvent également leur place.

Ce CD est très bien conçu et permet de retrouver chez soi l’atmosphère des offices monastiques. On sent que la communauté a voulu offrir ce témoignage, en toute simplicité. Certes, habitués que l’on peut être aux disques de chœurs professionnels, on remarquera que les sœurs n’ont évidemment pas une technique parfaite, certains passages souffrant quelque peu sur le plan de la maîtrise vocale. Mais cela n’empêche pas de sentir la sincérité de ce qui est chanté. Il y a quelque chose d’apaisant et de vrai dans ce disque, qui dépasse l’aspect purement technique. A noter encore que ce disque peut donner des idées de répertoire à un auditeur qui serait chef de chœur ou responsable de l’animation liturgique en paroisse.

 

Le second enregistrement, dans lequel on entend le chant des moines bénédictins de l’abbaye de Triors, dans la Drôme, se situe clairement dans un autre registre: celui du chant grégorien. Rien d’étonnant à cela: Notre-Dame de Triors appartient à la congrégation de Solesmes, connue pour son rôle dans la restauration du plain chant. Cet enregistrement fait partie d’un projet des moines de Triors de proposer une discographie couvrant tout le cycle du calendrier liturgique. Ici, ce sont les mêmes périodes que dans le disque de sœurs d’Echourgnac qui sont concernées. Les proportions sont un peu plus conséquentes, puisque l’enregistrement consiste en réalité en un coffret de trois disques, le premier couvrant la période de l’Avent, le second celle de Noël, et le troisième le temps de l’Epiphanie. C’est la musique de la messe que l’on y entend. Ainsi, le premier disque se subdivise en quatre parties, correspondant aux messes des quatre dimanches de l’Avent, de même que les deux autres sont organisés en fonction des différentes célébrations des périodes concernées.
Pour un amateur de chant grégorien, ce coffret est très riche. Les moines chantent très bien le plain chant, dans la plus pure tradition de Solesmes, bien sûr. Il s’agit d’une belle occasion de redécouvrir en cette période de fin d’année le magnifique répertoire grégorien, riche tradition que l’on délaisse parfois un peu trop dans nos communautés…

 

Damien Savoy

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