Philippe Golay

Emouvant: 8 lettres

Ecrivez ce chiffre sur un morceau de papier ou, mieux, du bout d’un doigt devant vous tracez-le sur le ciel. Tout dans ce nombre se rejoint. Qui a eu le bonheur d’écouter à Lausanne ou ailleurs sur la planète un sage appelant les humains à associer en permanence alimentation et santé prononce ce mot de huit lettres, et bientôt ajoute un autre, de huit lettres également: humanité.

Oui, l’homme sur la scène du premier Salon suisse de la santé, ce 15 novembre 2014 au cœur du Swisstech convention center (EPFL), est bien l’un des grands de la nutrition humaine. Oui, le premier thème de la matinée ce jour-ci tient en une question: L’environnement, une menace pour notre santé? Oui encore, c’est au professeur Jean-Marie Pelt que les organisateurs ont confié le thème «l’alimentation-notre santé».

Jean-Marie Pelt! Vous avez bonne mémoire, il est bien l’auteur de Dieu de l’univers (éd. Fayard) et de cette autre merveille: Les langages secrets de la nature (Fayard). Sur scène, le conférencier – il faudrait écrire l’ami tant on le perçoit proche de chacune, de chacun par son émouvant mode de communication que l’on pourrait résumer en «humainement, le plus humainement possible être avec autrui, tous les autres». Ce qu’il dit aux personnes présentes dans la gigantesque salle ultra-moderne vient du cœur. Du cœur d’un vivant (note: un ange passe et glisse le mot là, tant il connaît ce nutritionniste) qui, dans Dieu de l’univers a écrit  (p. 19) «Les premières manifestations d’un comportement altruiste chez les hominidés s’expriment par la capacité de partager la nourriture sur un lieu de vie communautaire.».

Dans la salle, pas un bruit. Petit à petit, l’émotion gagne nombre d’auditeurs. Des lecteurs de Dieu de l’univers se souviennent de quelques convictions manifestées par Jean-Marie Pelt, dont celle-ci:  «Si prestigieuse soit-elle, la science n’a rien à nous dire sur le sens de la vie, sur le destin de l’homme, moins encore sur notre propre destin personnel: ce n’est pas là son domaine…».

Ecouter le conférencier et en même temps laisser des souvenirs de lecteur venir à l’esprit? Oui, ose votre voisine qui, d’un coup, se souvient d’une phrase de J.M.P: «La science évolue comme les êtres qu’elle scrute; vouloir y rechercher des vérités éternelles serait on ne peut plus imprudent». Une remarque vous vient: cette conférence est donnée dans un haut-lieu scientifique et technique! D’ordinaire, ce n’est pas le lieu pour parler du lien total – ce huit – que représente la nature, la nourriture, l’être, ses semblables, l’humanité.

Jean-Marie Pelt… son ouvrage Dieu de l’univers,,, Subitement, le souvenir des pages 190 et suivantes: …dans la campagne, il y a fort longtemps, deux hommes se rendaient à un village du nom Emmaüs …Cléopas… Reste avec nous…, Il prit le pain… Dans Dieu de l’univers  Jean-Marie Pelt raconte. A Lausanne, face à la scène du premier Salon suisse de la santé, un, des humains voyagent dans le temps, dans leur âme, leurs réflexions: si je suis ici, c’est que…

Parfois l’esprit, le cœur, l’âme, l’être, le minuscule univers que chaque humain place de temps à autre sous sa loupe entraîne sur les lèvres un mot de huit lettres: émouvant.

PhilGo / pro info

sante
18 novembre 2014 | 15:17
par Philippe Golay
Partagez!