Nicole Lechanteur

Evangile de dimanche: De quoi, de qui suis-je témoin? 

Jésus est Celui qui était, qui est et qui vient – hier, aujourd’hui, toujours. Jean le Baptiste en fut le témoin. Dès le prologue de l’Évangile de Jean, Jean Baptiste est le porte-parole de Dieu: il vient pour témoigner de la lumière afin que tous croient à travers lui.

Entendons bien: il n’est pas lui-même la lumière mais il en témoigne. Dans l’Évangile de Jean, il est le témoin par excellence qui ouvre à l’accueil de Jésus. Jésus –présent avant la Création du monde  a pris chair de notre chair à quelques mois de Jean Baptiste: contemporains, ils annoncent et dénoncent avec toute leur vigueur, au service de la Vie, de l’Amour, du respect de l’autre.

Tous deux s’inscrivent dans la lignée des prophètes, ce sont des hommes qui voient – leur regard perce la réalité et leur oreille écoute. Ils ont ces qualités de disciple, de prophète et plus encore, de Fils.

«Jean désigne alors Jésus comme «l’Agneau de Dieu», qui prend les traits du serviteur souffrant, déjà attendu par le peuple d’Irsaël»

Témoignant de ce qu’ils voient et entendent, de ce qu’ils pressentent et accueillent, ils annoncent la vérité et dénoncent les infamies, parce que, de toujours à toujours, il y a ceux qui œuvrent au respect, à l’amour et ceux qui se plaisent à écraser ou renverser l’autre, à jouer au plus fort alors que l’amour se doit d’être humble.

Le témoignage de Jean Baptiste est fort: en cet homme Jésus qu’il vient de baptiser, il a reconnu le Messie attendu. S’inscrivant dans la lignée des prophètes, et spécialement d’Isaïe, Jean désigne alors Jésus comme «l’Agneau de Dieu enlevant le péché du monde».

Cet agneau, plein de douceur et de bonté, celui qui ne fait de mal à personne, est la victime offerte pour le salut du monde. Le peuple d’Israël déjà attendait ce serviteur souffrant et annonçait sa victoire sur les forts et les puissants. Mais cette victoire est-elle un jour acquise? N’est-elle pas le combat de chacun toute sa vie?

«Jésus est venu pour rétablir l’humanité dans sa beauté… Il choisit de se joindre au peuple, faisant corps avec lui…»

Le grec exprime par un participe présent l’action de Jésus d’enlever le péché du monde «enlevant» ainsi, nous savons, au cœur de ce combat, que Jésus est et sera toujours à l’œuvre.

Jésus est venu pour rétablir l’humanité dans sa beauté de fils et filles bien aimés. Il choisit de se joindre au peuple, faisant corps avec lui en étant plongé dans le baptême d’eau de Jean Baptiste. Il y reçoit l’Esprit qui demeure sur lui. 

Dès lors, au cœur de notre société en guerres et en conflits, où les grands s’imposent et ne respectent pas les petits, où le pouvoir monte à la tête de certains et où des personnes et des peuples sont écrasés, bafoués, tués, objets de raillerie – il est comme le Serviteur souffrant d’Isaïe. 

«C’est cela la revanche de Dieu: un Salut offert à tous»

Le passage d’Isaïe de ce dimanche (Is 49) révèle la valeur du serviteur façonné dans le sein maternel, il y reçoit valeur et force empreinte de douceur dans les yeux de son Seigneur.

L’espérance s’offre comme un réveil à qui guette et écoute (Is 52), avec la part du Serviteur souffrant (Is 53) et l’ouverture de tout être à la joie de Dieu (Is 54). C’est cela la revanche de Dieu: un Salut, offert à tous, qui ouvre son cœur. Alors, vous tous qui avez soif, voici de l’eau, tendez l’oreille et venez vers moi (Is 55).

Ce dimanche, nous entrons aussi dans la semaine de l’unité des chrétiens. Ouvrons nos cœurs, notre être à la grâce de la complémentarité de nos Églises. Et accueillons la Parole de Dieu, en ouvrant notre appétit pour dimanche prochain, dimanche de la Parole.

Nicole Lechanteur | Vendredi 16 janvier 2026


Jn 1, 29-34

En ce temps-là,
voyant Jésus venir vers lui,
Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde ;
c’est de lui que j’ai dit :
L’homme qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était.
Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage :
« J’ai vu l’Esprit
descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
Et moi, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’
Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu. »

«Jean est lumineux en ce qu’il témoigne de la lumière», en dirigeant non pas vers lui-même mais vers Jésus, a dit le pape François | détail du Jean Baptiste de Leonard de Vinci © Wikimedia Commons
16 janvier 2026 | 17:00
par Nicole Lechanteur
Temps de lecture : env. 3  min.
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