Chantal Reynier

Evangile de dimanche: «Ils ont gardé ta Parole»

Nous sommes de ceux et celles qui «ont gardé la Parole», celle que Jésus fait entendre à ses disciples au nom de son Père. Nous devons reconnaître que nous avons du mal à recevoir cette Parole car elle est parfois rude, elle nous déstabilise ou alors nous pensons l’accueillir parce qu’elle nous est si familière que nous la possédons sans en vivre vraiment.

Les Actes des Apôtres nous montrent comment les disciples, réunis autour de Marie, se remémorent ce que Jésus a dit et a fait. Ils comprennent que Jésus ressuscité est le Fils unique du Père qui leur ouvre un horizon d’espérance que nul en ce monde ne peut ouvrir.

Ils partagent et se nourrissent de la Parole dans l’espace domestique qu’est la chambre haute, c’est-à-dire la pièce à l’étage de la maison. Les Apôtres ne se retrouvent pas dans un nid douillet où il ferait bon vivre entre personnes de même opinion, stimulées par quelques beaux parleurs.

La maison est un lieu de choix en ce temps difficile où une pandémie inattendue vient renverser nos modes de célébration. Ne craignons pas de nous retrouver chez nous pour écouter et laisser germer en nos cœurs la Parole. Nous sortirons alors sans crainte dans le monde pour annoncer l’espérance qu’elle porte.

Recevoir la Parole, ce n’est pas recevoir un objet, fût-il un superbe cadeau. C’est la méditer, l’intérioriser, la prier et la partager. Or, cela a un coût. Non pas estimé en pièces d’or ou en valeur marchande. Saint Pierre nous rappelle que partager la souffrance de Jésus est une façon d’accueillir sa Parole. Il ne s’agit pas de rechercher la souffrance comme telle. En soi, elle est mauvaise, nous le savons.

« Recevoir la Parole, ce n’est pas recevoir un objet, fût-il un superbe cadeau. »

Il serait illusoire cependant d’imaginer que la vie chrétienne est une vie sans épreuve et sans combat. La Parole que nous accueillons dans notre cœur le travaille comme la charrue laboure un champ. Elle ne nous laisse pas indifférents, elle nous façonne non pas esthétiquement mais apostoliquement.

La Parole que nous accueillons nous expose au point d’être insultés et même d’être rejetés. Certes gardons-nous de souffrir comme «meurtrier, voleur ou malfaiteur» (1 P 4, 15) comme le recommande l’apôtre Pierre. La Parole nous expose parce qu’elle donne la vie et nous introduit sur des chemins nouveaux. Or, la vie dérange toujours, elle fait aller là où spontanément nous ne voudrions pas aller.

Elle nous renvoie le jugement de l’autre qui, débusqué de ses certitudes, de ses mensonges ou de ses actes fratricides, ne nous pardonnera pas que la vérité de la Parole l’ait découvert.

Ne nous surprenons pas de la violence qui nous frappe lorsque nous essayons de vivre chrétiennement en le suivant Lui, «le chemin, la vérité et la vie». Le Christ nous prend dans sa prière. Nous sommes «siens». Cela ne nous garantit pas la sécurité mais nous donne la force de mener le combat pour l’Evangile.

Chantal Reynier | Vendredi 22 mai 2020


Jn 17, 1b-11a

En ce temps-là,
        Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, l’heure est venue.
Glorifie ton Fils
afin que le Fils te glorifie.
    Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle
à tous ceux que tu lui as donnés.
    Or, la vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé,
Jésus Christ.
    Moi, je t’ai glorifié sur la terre
en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
    Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
    J’ai manifesté ton nom
aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.
Ils étaient à toi, tu me les as donnés,
et ils ont gardé ta parole.
    Maintenant, ils ont reconnu
que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
    car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :
ils les ont reçues,
ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,
et ils ont cru que tu m’as envoyé.

    Moi, je prie pour eux ;
ce n’est pas pour le monde que je prie,
mais pour ceux que tu m’as donnés,
car ils sont à toi.
    Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux.
    Désormais, je ne suis plus dans le monde ;
eux, ils sont dans le monde,
et moi, je viens vers toi. »

«Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie». | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0
22 mai 2020 | 17:00
par Chantal Reynier
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