Niassance de Siaint-Jean Baptiste. Ghirlandaio Domenico. Entre 1486 et 1490. | Wikimedia Commons.
Blog
Niassance de Siaint-Jean Baptiste. Ghirlandaio Domenico. Entre 1486 et 1490. | Wikimedia Commons.

Evangile de dimanche: l’engagement chrétien


Naissance étonnante de Jean! Joie pour Elisabeth et Zacharie, et leurs proches. Nom surprenant donné à l’enfant par Zacharie, son père, qui retrouve alors la parole! Personne dans la famille ne porte ce nom. Que cette naissance est surprenante! Les proches, les voisins, et même les plus éloignés, tout en étant dans la joie de cette naissance inespérée, sont saisis de crainte. Ils pressentent la main de Dieu. Jean, dès sa naissance, pose question: “que sera cet enfant?“ Il sera comme personne avant lui et après lui.

“L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait“. Comme tout enfant, il passe par les phases de la croissance et de l’éveil à la conscience. Parvenu à l’âge adulte, il va “vivre au désert“. Etrange comportement de cet homme, issu d’une famille sacerdotale! Il préfère le désert au Temple. Si le Temple est le lieu de la présence de Dieu, le désert est, pour le peuple hébreu, le lieu de la manifestation de Dieu, de sa révélation. Jean, au désert, attend son heure. Elle coïncidera avec “le jour où il se fera connaître à Israël“.

La vocation de Jean Baptiste est unique dans le dessein de Dieu.

Jean prend conscience de sa vocation propre. Un jour, il devra parler à ceux de son peuple pour leur annoncer “l’homme qui vient derrière lui et qui est passé devant lui car, avant lui, il était“ (Jn 1, 30). Jean sait qui est le fils de Marie, son cousin venu au monde quelque temps après lui, et il sait que ce sera à lui de le désigner comme tel, à lui qui, le premier, l’a reconnu en tressaillant dans le sein de sa mère Elisabeth, lorsque Marie vint la visiter. Présenter Jésus comme l’Agneau de Dieu est une tâche si immense qu’elle exige humilité et dépouillement, centration sur Celui qui vient. Elle demande aussi une longue préparation du cœur.

La vocation de Jean Baptiste est unique dans le dessein de Dieu. “Le plus grand des enfants des hommes“ nous indique comment accueillir Celui qui venait à lui et qui continue de venir à nous. Il nous montre quelle est, dans ce monde, notre place de chrétien. Jésus, aujourd’hui encore, a besoin de témoins. Non pas de gens qui sont chrétiens par prétention, qui fonctionnent comme des robots, qui rabâchent quelques belles paroles, qui regardent en arrière ou qui s’imaginent que le monde commence avec eux. Jésus a besoin de personnes qui, nourries de la Parole de Dieu, pétries par elle, l’intériorisent, de telle sorte que leur vie, ainsi imprégnée et orientée, devienne signe pour tous, y compris pour “le plus petit dans le Royaume de Dieu qui est plus grand que Jean“ (Lc 7, 28).

Jean le Précurseur nous initie à l’engagement chrétien.

Jean le Précurseur nous initie à l’engagement chrétien. Celui qui veut témoigner du Christ n’attire pas les regards sur lui, ne cherche pas son intérêt. Attentif à tous, sans exception, il les invite à se tourner vers le Fils unique de Dieu. A la suite de Jean, le chrétien se tient là, présent mais toujours en retrait, afin de ne pas prendre la place de Jésus mais de renvoyer à Lui. C’est le Seigneur en effet que Jean nous invite à découvrir à aimer et à suivre.

Chantal Reynier | 22 juin 2018


Lc 1, 57-66.80

 Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant.
Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
Mais sa mère prit la parole et déclara :
« Non, il s’appellera Jean. »
On lui dit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l’appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Jean est son nom. »
Et tout le monde en fut étonné.
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage
et, dans toute la région montagneuse de Judée,
on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient
les conservaient dans leur cœur et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.

L’enfant grandissait
et son esprit se fortifiait.
Il alla vivre au désert
jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

Chantal Reynier

Chantal Reynier est consacrée, membre de la Fraternité de l’Œuvre pour un Apostolat Spirituel et Social (O.A.S.I.S.). Elle collabore comme scientifique à la faculté de théologie au Département d’études bibliques à l’Uni de Fribourg. Elle y est chargée des cours d’exégèse, notamment en littérature paulinienne.

Elle a publié nombreux ouvrages sur saint Paul. Chantal Reynier est en outre chargée de la collection ABC de la Bible et de Cercle biblique aux éditions du Cerf.

Auteur
Dernières publications
“Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.“ | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0
“Christ dans la maison de Marthe et Marie“, de Diego Velasquez. Huile sur toile, 1618. National Gallery de Londres. | Domaine public.