“Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel: si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.“ | © Bernadette Lopez/Evangile et peinture
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“Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel: si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.“ | © Bernadette Lopez/Evangile et peinture

Evangile de dimanche: quelle est la vraie nourriture?


Depuis que Jésus a pris la parole dans une synagogue de Capharnaüm, il ne cesse de susciter des interrogations. Plus les Juifs comprennent que le pain véritable est associé à la personne de Jésus, plus ils sont devant le mystère de l’origine de ce pain qui renvoie à l’origine de Jésus.

“Moi, je suis le pain vivant descendu du ciel“, affirme-t-il avec autorité. Certes, les Juifs reconnaissent que leurs Pères, au désert, ont reçu la manne du ciel, mais ces derniers en ignoraient la nature tout en admettant que son origine était divine. Quand bien même l’origine divine du pain donné par Jésus serait reconnue, comment le fils de Joseph pourrait-il s’assimiler à ce pain? Comment Jésus ose-t-il dire: “le pain que je donnerai – le verbe est au futur, ce n’est donc pas celui que les foules ont mangé – c’est ma chair donnée pour la vie du monde“?

Au plan de la rationalité, quel homme se donnerait à manger?  Au plan de Dieu, comment “un homme“ qui prétend être le Fils du Dieu trois fois saint peut-il donner sa chair en nourriture? Telles sont les interrogations, murmurées, exprimées ou débattues par les Juifs… Ne sont-elles pas aussi un peu les nôtres eu égard au Pain vivant partagé à l’eucharistie?

“Au plan de la rationalité, quel homme se donnerait à manger?“

Occasion de nous interroger sur ce que nous venons chercher à la messe. Allons-nous à la rencontre de quelqu’un ou cédons-nous simplement à l’habitude? Le pain eucharistique est-il pour nous “la chair du Fils de l’homme“? Le recevoir nous engage à quoi et envers qui? Est-il un simple signe de partage, tout au plus un symbole?

Ecoutons d’abord Jésus inverser les questions. Ce n’est pas la nature du pain qui importe. C’est sa personne qui se donne tout entière à nous qui sommes appelés à participer tout entiers à la vie de Dieu. Pour que nous soyons en mesure d’entrer dans cette communion, Jésus se met à notre portée et se fait nourriture. Il se fait pain, élément indispensable à la vie humaine – ce que nous avons tendance à oublier aujourd’hui tant le pain est devenu secondaire, au point même qu’il nous arrive de le bannir de notre alimentation!

“Jésus se met à notre portée et se fait nourriture.“

“Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.“ Jésus ne nous donne pas le choix. Ce pain n’est pas un produit de plus offert aux consommateurs blasés que nous sommes et qui, souvent, n’ont ni faim ni soif de l’eucharistie. Le “pain descendu du ciel“ est une nécessité pour nous car il scelle notre rencontre personnelle avec Celui qui, dans son humilité de Fils de Dieu, se fait nourriture en offrant sa vie pour chacun de nous et pour tous les hommes sans exception.

Comme êtres vivants voulus par Dieu, nous ne pouvons pas subsister sans cette nourriture: si elle est prise parmi les réalités terrestres quotidiennes et tient dans nos mains, elle vient du ciel et porte le monde.

Chantal Reynier | Vendredi 17 août 2018


Jn 6, 51-58

 En ce temps-là,
Jésus disait à la foule :
« Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux :
« Comment celui-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi,
et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même celui qui me mange,
lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Chantal Reynier

Chantal Reynier est consacrée, membre de la Fraternité de l’Œuvre pour un Apostolat Spirituel et Social (O.A.S.I.S.). Elle collabore comme scientifique à la faculté de théologie au Département d’études bibliques à l’Uni de Fribourg. Elle y est chargée des cours d’exégèse, notamment en littérature paulinienne.

Elle a publié nombreux ouvrages sur saint Paul. Chantal Reynier est en outre chargée de la collection ABC de la Bible et de Cercle biblique aux éditions du Cerf.

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