Hérode, Jésus et l’étoile


L’Epiphanie (Mt 2, 1-12). Dans chacune de nos vies, il y a des étoiles qui éclairent un chemin, qui mettent en lumière une direction à suivre. Dans chacune de nos vies, notre connaissance nous amène tous jusqu’à un sommet, un maximum, où se propose face à nous un choix: avancer, plus loin et plus profond, en éclairant (ou pas) notre intelligence par la lumière divine.

Vous croyez l’horoscope? Vous croyez que l’avenir est inscrit dans les étoiles? Moi, je pense que cela est faux, notre destin n’est pas écrit. Dieu nous a créés libres. Libres de pouvoir choisir. Libres de choisir le bien, libres de rejeter le mal.

Les mages dans l’évangile de ce jour ne sont pas des devins, mais des sages et des savants. Des astronomes…. Et non pas des astrologues! Ce sont des hommes qui savent lire dans les étoiles. Ils n’y lisent par l’avenir, mais le passé!

Ces hommes représentent ce que le paganisme a de plus brillant. Ils sont les meilleurs de leur génération. Les plus attentifs pour observer, les plus doués pour interpréter. Et que voient ces mages si brillants? Ils voient une étoile. Une nouvelle étoile, pour eux signe qu’un homme très important vient de naître. En effet, dans l’antiquité, on disait qu’une naissance importante était accompagnée d’un nouvel astre.

On retient que l’empereur romain Octave vit une nouvelle étoile dans le ciel. Il l’interpréta comme un signe de faveur divine et se fit appeler «auguste», celui qui est «digne d’adoration». Pour l’empereur le plus puissant du monde, l’étoile nouvelle fut le signe que le Ciel le confirmer dans son pouvoir et son autorité. Dans les faits, une comète passait au moment où il célébrait des jeux en l’honneur des victoires de César. Octave trouva là prétexte pour affirmer que la comète était l’âme de son père qui, devenant divin, partait prendre sa place auprès des dieux.

On sait aujourd’hui, grâce à Kepler, qu’à la date de naissance de Jésus, le ciel a vu se lever une étoile, une supernova, dans la conjonction des planètes Jupiter-Saturne et Mars, avec comme arrière-fond le signe zodiacal du Poisson. Par ailleurs, un scientifique, F. von Göttingen, a trouvé une confirmation de cette supernova sur des tables chinoises de la même époque.

Les mages ont donc vu une étoile ayant vraiment existé. Mais ils ne savaient pas qui était l’enfant nouveau-né. Ils ne connaissaient pas encore Jésus. Au mieux savaient-ils que de Juda devait advenir un grand roi. Alors, ils allèrent se renseigner dans la capitale Jérusalem.

Voilà où les mènent leur science, à Jérusalem. Par leur science, ils ne peuvent aller plus loin. Ils sont au maximum.

Ce qu’il y a de remarquable dans l’évangile de ce jour, c’est que l’étoile ne leur indique pas l’humble crèche de Bethléem, mais la grande et puissante Jérusalem. C’est peut-être le sommet de ce que peut dire la science païenne: à Jérusalem tout se joue. Et c’est vrai! Car à Jérusalem se trouve la Parole de Dieu, les textes de son alliance avec les hommes. Les mages ont appris l’existence de Bethléem seulement une fois qu’ils eurent accès aux vieilles prophéties de d’Ancien Testament. Plus que l’étoile, l’Ecriture sera la lumière déterminante pour les mages. C’est tout à fait remarquable! Pour aller au-delà, il leur faut quelque chose en plus de la science. Ce quelque chose en plus, ce sont les vieilles prophéties de d’Ancien Testament (i.e. la Parole de Dieu).

Réorientés par les écritures, les mages trouvent le Messie.

Il en va de même dans chacune de nos vies, il y a des étoiles qui éclairent un chemin, qui mettent en lumière une direction à suivre. Dans chacune de nos vies, notre connaissance nous amène tous jusqu’à un sommet, un maximum, où se propose face à nous un choix: avancer, plus loin et plus profond, en éclairant (ou pas) notre intelligence par la lumière divine.

Dans le fond, le sommet de notre entendement, pour aller plus loin, il nous faut du divin, il nous faut donner une place à Dieu. L’étoile de l’intelligence mène jusqu’au Livre des Ecritures, La Parole de Dieu. Pour comprendre et accueillir ce livre, il faut l’intelligence surnaturelle de la Foi! Saint-Pierre parlait de la foi comme de l’étoile du matin qui se lève en nos cœurs (2P1,19).
Et très concrètement, que devons-nous faire?

Essayer dand notre quotidien de mettre en relation ce que l’intelligence perçoit et ce que la parole de Dieu me dit. Il ne s’agit pas de lire la Parole, mais de l’écouter et de la vivre! Ainsi sommes-nous invités dans notre quotidien à méditer la parole de Dieu. A mettre en relation ce que notre intelligence perçoit et ce que dit cette parole. Pour cette raison le pape veut la pratique de la lectio divina. Prendre le temps d’écouter la Parole, la discuter, la prier pour essayer de la vivre. Concrètement. C’est pour cela qu’il est si important que les enfants viennent à la messe, là où la Parole est proclamée.

Seigneur, tu éclaires nos nuits par des étoiles.

Seigneur tu veux notre amour, tu le désires et tu le courtises. Notre amour libre.
Alors aide-nous à te connaître tel que tu te révèles.

Apprends-nous à t’aimer. Surtout à aimer ta Parole. A te connaître par ta Parole.
A mettre en relation ce que l’étoile éclaire et ce que ta Parole nous dit,
Ce que notre intelligence perçoit et ce que ta Parole nous dit.

Seigneur, nous n’avons pas d’or, de myrrhe ou d’encens.
Accepte nos présents, ce que nous sommes, tels que nous sommes.
Donne nous un cœur semblable au tien,
alors nous pourrons t’aimer comme tu nous aimes.

Amen.

Père Jérôme Jean

Jérôme Hauswirth

Le père Jérôme Jean (c’est son vrai prénom) habite en Valais, dans la commune de Collombey-Muraz. Il est curé «in solidum» des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz. Il est un partisan engagé d’une messe dominicale cordiale (apéro systématique au sortir de la messe), familiale (catéchèse par degrés d’âge lors de toutes les messes) et belle (apport instrumental, liturgie classique et soignée). Ignatien quant à sa direction spirituelle, thomasien quant à sa formation intellectuelle, de spiritualité du Carmel quant à son âme, le Père Jérôme essaye de tirer le meilleur de ce qu’il trouve de bon.

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