Hildegard von Bingen: sainte, docteur de l'Église et... compositrice


Le 7 octobre 2012, le pape Benoît XVI a élevé sainte Hildegard von Bingen (ou Hildegarde de Bingen) au rang de Docteur de l’Église. Pourtant, nombre de personnes ignorent jusqu’à son existence. On se doute pourtant bien que ce n’est pas n’importe qui, lorsque l’on sait qu’elle n’est que la quatrième femme à devenir Docteur de l’Eglise, après sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila et sainte Thérèse de Lisieux. Excusez du peu… Ainsi, le pape reconnaît l’exemplarité non seulement de la vie, mais aussi des oeuvres de la mystique allemande, qui est connue pour ses ouvrages mystique, scientifiques et médicaux, ainsi que pour ses compositions musicales.1

Hildegard, née en 1098 a Bermersheim, dans l’actuel Land de Rhénanie-Palatinat, à l’ouest de l’Allemagne, fut rapidement destinée à la vie religieuse. Elle entra ainsi à l’âge de quatorze ans au couvent bénédictin du Disibodenberg, ou elle reçut une formation très complète. Vers 1150, elle quitta le couvent pour fonder une nouvelle abbaye, au Rupertsberg, près de la ville de Bingen. Quinze ans plus tard, elle édifia un autre couvent, à Eibingen. Décédée en 1179, elle fut rapidement l’objet d’un culte populaire.

Dès l’âge de cinq ans, Hildegard reçoit des visions. Cherchant à les garder secrètes de peur des réactions, elle décide finalement de les retranscrire, en ayant reçu l’autorisation par sa hiérarchie. Ayant publié plusieurs livres relatant ses visions, elle les met également en musique. Ainsi, on retient aujourd’hui septante-sept mélodies religieuses, ainsi qu’un drame liturgique, l’Ordo virtutum, composé de huitante-deux mélodies, représentant le combat entre différents personnages représentant les vices et les vertus.

Sur un plan stylistique, on est avec cette musique à l’époque du chant grégorien, et les mélodies d’Hildegard sont bien imprégnées de plain-chant, tout en gardant un style qui leur est propre. Hildegard, dans ses septante-sept chants religieux, fait énormément appel à des mélismes, ces phrases musicales chantées sur une seule syllabe. On dénombre parfois, dans ses oeuvres, jusqu’à septante-cinq notes pour une seule voyelle… Hildegard exploite également beaucoup la tessiture à disposition, avec plusieurs sauts d’une certaine amplitude.
Dans une perspective spirituelle, la musique d’Hildegard présente cependant un intérêt qui n’est pas que stylistique. Elle témoigne d’une vision de l’art qui dépasse la science musicale pure. De fait, la sainte, nous l’avons dit, a vécu des expériences mystiques. Le terme de vision, employé ci-dessus, n’est peut-être pas approprié, puisqu’elle a témoigné elle-même que ses expériences étaient autant auditives que visuelles, et qu’elles lui donnaient à entendre le concert céleste, le chœur des anges, et que sa propre musique cherchait à en être un reflet.2 Nous nous situons ici bien dans une perspective médiévale, encore influencée par les pythagoriciens: la musique terrestre n’est qu’une infime partie d’une harmonie céleste dont elle est le reflet. En ce sens, la musique ne peut être que sacrée. C’est une belle leçon pour comprendre l’importance que doit revêtir cet art au sein de l’Eglise…

Hildegard von Bingen: sainte, docteur de l'Église et... compositrice

Le 7 octobre 2012, le pape Benoît XVI a élevé sainte Hildegard von Bingen (ou Hildegarde de Bingen) au rang de Docteur de l'Église. Pourtant, nombre de personnes ignorent jusqu’à son existence. On se doute pourtant bien que ce n’est pas n’importe qui, lorsque l’on sait qu'elle n'est que la quatrième femme à devenir Docteur de l’Eglise, après sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila et sainte Thérèse de Lisieux. Excusez du peu... Ainsi, le pape reconnaît l’exemplarité non seulement de la vie, mais aussi des oeuvres de la mystique allemande, qui est connue pour ses ouvrages mystique, scientifiques et médicaux, ainsi que pour ses compositions musicales.1

Hildegard, née en 1098 a Bermersheim, dans l'actuel Land de Rhénanie-Palatinat, à l'ouest de l'Allemagne, fut rapidement destinée à la vie religieuse. Elle entra ainsi à l'âge de quatorze ans au couvent bénédictin du Disibodenberg, ou elle reçut une formation très complète. Vers 1150, elle quitta le couvent pour fonder une nouvelle abbaye, au Rupertsberg, près de la ville de Bingen. Quinze ans plus tard, elle édifia un autre couvent, à Eibingen. Décédée en 1179, elle fut rapidement l'objet d'un culte populaire.

Dès l'âge de cinq ans, Hildegard reçoit des visions. Cherchant à les garder secrètes de peur des réactions, elle décide finalement de les retranscrire, en ayant reçu l'autorisation par sa hiérarchie. Ayant publié plusieurs livres relatant ses visions, elle les met également en musique. Ainsi, on retient aujourd'hui septante-sept mélodies religieuses, ainsi qu'un drame liturgique, l'Ordo virtutum, composé de huitante-deux mélodies, représentant le combat entre différents personnages représentant les vices et les vertus.

Sur un plan stylistique, on est avec cette musique à l'époque du chant grégorien, et les mélodies d'Hildegard sont bien imprégnées de plain-chant, tout en gardant un style qui leur est propre. Hildegard, dans ses septante-sept chants religieux, fait énormément appel à des mélismes, ces phrases musicales chantées sur une seule syllabe. On dénombre parfois, dans ses oeuvres, jusqu’à septante-cinq notes pour une seule voyelle... Hildegard exploite également beaucoup la tessiture à disposition, avec plusieurs sauts d’une certaine amplitude.
Dans une perspective spirituelle, la musique d’Hildegard présente cependant un intérêt qui n’est pas que stylistique. Elle témoigne d'une vision de l’art qui dépasse la science musicale pure. De fait, la sainte, nous l’avons dit, a vécu des expériences mystiques. Le terme de vision, employé ci-dessus, n’est peut-être pas approprié, puisqu’elle a témoigné elle-même que ses expériences étaient autant auditives que visuelles, et qu’elles lui donnaient à entendre le concert céleste, le chœur des anges, et que sa propre musique cherchait à en être un reflet.2 Nous nous situons ici bien dans une perspective médiévale, encore influencée par les pythagoriciens: la musique terrestre n’est qu’une infime partie d’une harmonie céleste dont elle est le reflet. En ce sens, la musique ne peut être que sacrée. C’est une belle leçon pour comprendre l’importance que doit revêtir cet art au sein de l’Eglise...

http://youtu.be/9eFPJa95qQE

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