Joyeux Noël! Le Vivant veut faire de nous des vivants!


C’est beau la fête de Noël! Pourquoi tant d’hommes et de femmes, en ce jour de Noël, ont-ils soudain l’envie de rentrer dans un église, même s’ils y vont rarement. Pourquoi viennent-ils fêter Noël? Pourquoi tant de joie à se retrouver en famille, à partager des cadeaux. A se redire a travers la joie d’un repas partagé des «je t’aime»?

Je pense que beaucoup aime la fête de Noël, parce que cette fête vient comme combler un profond désir. Et dans le fond, si c’était vrai?!
Si c’était vrai que Dieu en avait quelque chose à faire de nous.
Si c’était vrai qu’il nous aime au point de nous rejoindre délicatement.

Si c’était vrai que nous ne sommes pas que des humains mortels.
Si c’était vrai que Dieu venait pour nous donner la vraie Vie, vie éternelle celle dont on ne meurt plus.

Nous le percevons tous confusément, au plus profond de nos cœurs nous avons un désir essentiel, vital, premier: être aimé
Aimé par notre famille,
Aimé par nos proches (collègues, voisins) et surtout
Aimé par Dieu.

Et aujourd’hui nos cœurs sont dans la JOIE, parce que Dieu vient nous rejoindre. Il vient se faire tout proche. La joie c’est la proximité de ceux qui s’aiment! Après s’être fait désirer, c’était le temps de l’Avent, il vient se faire aimer, c’est le temps de Noël.

Disons-le franchement, il faudrait avoir un cœur bien sec pour ne pas aimer un petit bébé nouveau-né, tout innocent, porteur de promesse et d’espérance, ouvert à un avenir qui nous dépasse. L’Evangile de ce jour est une catéchèse géniale qui veut enseigner en quelques mots l’essentiel de notre foi.

Je pense qu’il est des textes qu’il est bon de relire souvent. Il est des textes qui sont comme des pierres précieuses. Des textes qui renferment une lumière. Des textes qu’il faut contempler souvent pour en apprécier la profondeur. L’évangile de ce jour fait partie de ce genre de texte.
Ce texte est si important et si beau qu’on le récitait à chaque messe jusqu’au au Concile Vatican II. Je vous propose ce matin d’aborder ce texte sous l’angle des naissances.

«Au commencement était la Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu». Il y a donc eu un commencement  qui a précédé la naissance de Jésus à Bethléem. Tout n’a pas commencé pour Jésus à Bethléem, mais tout a commencé au commencement du monde. C’est ce que nous disons dans le Credo: «né du Père avant tous les siècles, il est Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu». Jésus est la Parole de Dieu. Celui qui va manifester qui est Dieu. Celui qui va nous faire voir Dieu. «Qui me voit, voit le Père» dira Jésus.

Ainsi, avant de naître à l’extérieur, avant de se montrer à la crèche de Bethléem, Jésus préexistait à l’intérieur de la Trinité. C’est la première naissance, Jésus verne éternel, fils du Père éternel depuis toute éternité.

Voici maintenant la deuxième naissance: «Par lui tout s’est fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui».

Après la naissance éternelle du Verbe-Parole-de-Dieu, voici la naissance du monde. Tout être est fait par lui. Et sans lui rien ne s’est fait.
La première expression de Dieu, c’est donc la Création elle-même. C’est pour cela que l’univers nous parle de Dieu: la beauté de la création interpelle sur la bonté du Créateur. La Création nous parle du Créateur, parce que c’est DIEU, Père, Fils et Saint-Esprit qui a créé le monde et tout ce qu’il contient. Ainsi, en contemplant la création, on découvre quelque chose de Dieu. Comme des traces de Dieu. C’est frappant d’ailleurs comme les gens de la terre sont naturellement croyants. C’est frappant comme ceux qui aiment la nature admettent facilement l’existence de Dieu. Il est certain que d’être en contact régulier avec la création nous aide à croire en Dieu-Créateur.

Et croire en un Dieu créateur, c’est le point de départ qui mène à un Dieu-Sauveur!  Ainsi la création du monde, seconde naissance, est aussi l’œuvre du Fils. Le Fils est créateur avec le Père et l’Esprit de tout ce qui est.

Voici maintenant la troisième naissance. «En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée». Après la naissance éternelle et la naissance du monde, voici LA NAISSANCE DE L’ŒUVRE DU SALUT, vie et lumière des hommes. Oui ce qui a été fait en Jésus était la vie, et la vie était la lumière des hommes. L’œuvre de Jésus, c’est la vraie vie pour les hommes. Toute l’existence de Jésus, pas seulement sa naissance à Noël, mais aussi ses miracles, ses paroles, sa mort et sa résurrection, tout cela s’est accompli pour que nous ayons la vie. La vraie vie, la vie éternelle.

Voilà donc la grande fresque du projet de Dieu:
UN DIEU TRINITE, UN EN TROIS PERSONNES.
UN DIEU CREATEUR.
UN DIEU SAUVEUR.

Ce qu’il y a de beau à travers ces trois naissances, c’est que DIEU DEBORDE DE VIE. Comme la mère de famille nombreuse! Dieu est comme une surabondance de Vie:
LE PERE ENGENDRE LE FILS.
LA TRINITE ENGENDRE LA CREATION.
LE FILS VEUT NOUS DONNER SA VIE, SA VIE DIVINE, LA VIE ETERNELLE.

Toute l’œuvre de Dieu se présente comme une gigantesque entreprise de divinisation. Dieu veut partager avec nous ce qu’il est. Pas ce qu’il a. Mais bien plus, ce qu’il est. Le Vivant veut faire de nous des vivants!

Confiance, la lumière ne sera pas arrêtée par les ténèbres, la mort et le mal ne peuvent pas avoir le dernier mot.

Noël, Noël c’est la Vie, C’est la Lumière!

Saint Augustin disait:

«Pour toi, je te le répète, Dieu s’est fait homme.
Tu serais mort pour l’éternité s’il n’était né dans le temps.
Tu n’aurais jamais été libéré de la chair du péché, s’il n’avait pris la ressemblance du péché.
Tu n’aurais pas retrouvé la vie s’il n’avait pas rejoint ta mort.
Tu aurais succombé, s’il n’était venu à ton secours.
Tu aurais péri, s’il n’était pas venu».

Frères et sœurs, soyons dans la JOIE. Dieu veut nous rejoindre.
Dieu veut se faire connaître de l’homme. Il veut nous donner sa vie!
Dieu veut faire alliance avec chaque homme en particulier.
Avec chacun personnellement. 

C’est beau… c’est très bien… et c’est surtout vrai!
Amen.

Père Jérôme Jean

Jérôme Hauswirth

Le père Jérôme Jean (c’est son vrai prénom) habite en Valais, dans la commune de Collombey-Muraz. Il est curé «in solidum» des paroisses de Choëx-Monthey-Collombey et Muraz. Il est un partisan engagé d’une messe dominicale cordiale (apéro systématique au sortir de la messe), familiale (catéchèse par degrés d’âge lors de toutes les messes) et belle (apport instrumental, liturgie classique et soignée). Ignatien quant à sa direction spirituelle, thomasien quant à sa formation intellectuelle, de spiritualité du Carmel quant à son âme, le Père Jérôme essaye de tirer le meilleur de ce qu’il trouve de bon.

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