La figure du père sera de plus en plus absente dans le processus de la PMA (dessin:R.Zbinden)
Blog
La figure du père sera de plus en plus absente dans le processus de la PMA (dessin:R.Zbinden)

Une société sans pères ni repères?


Le gouvernement français devrait proposer, en 2018, l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. Des voix se sont élevées contre une mesure qui “instituerait légalement” l’absence du père.

D’une manière générale, cette “avancée” s’inscrit dans un mouvement global d’affranchissement des structures, en France, et en Occident. Le mariage pour tous, la gestation pour autrui, l’avortement, bousculent les modes de fonctionnement sociaux établis depuis des siècles.

Cette situation peut être, de façon quelque peu insolite, éclairée par une autre marotte française: la téléréalité. En particulier l’émission Super Nanny, dans laquelle une spécialiste en pédagogie familiale vient “régler” les problèmes de parents en détresse face à l’éducation de leurs enfants.

En général, elle arrive dans des familles particulièrement chaotiques, où les parents n’arrivent pas à installer leur autorité et où l’ambiance est très tendue. L’une des premières choses que fait la “super grand-mère” est ainsi de remettre en place des structures, là où le plus souvent elles ont disparu: rétablir des règles communes, des repas familiaux à heure fixe, ou encore une heure du coucher déterminée et raisonnable. Il est notable que dès le moment où ses structures réapparaissent, la situation familiale s’améliore “miraculeusement” (même si on peut penser ce qu’on veut de la “réalité” de cette télé).

Ce petit exemple médiatique nous indique que l’importance des structures dans le contexte familial est un aspect bien reconnu. Il semble que cela n’ait cependant pas été extrapolé sur le plan sociopolitique.

La question se pose ainsi de notre relation avec ces vieilles structures mises en place par nos pères et par l’ordre naturel. En dignes enfants gâtés de l’univers, nous sommes tentés de manger des chips devant la télé jusqu’à 23h30, puis d’aller dormir dans le lit de nos parents et de faire l’impasse sur le brossage de dents. Un tel comportement sans règle ni limite, où tout ce qui est possible est autorisé, augmentera-t-il le bonheur social? Il faut bien avoir à l’esprit qu’à ce niveau là, aucune Super Nanny ne viendra régler nos problèmes.

Raphaël Zbinden

Raphaël Zbinden est journaliste à Cath.ch, le portail catholique suisse.

Auteur
Dernières publications
Jean Vanier est le fondateur des Communautés de l'Arche | © Jupiter films
dessin: Raphaël Zbinden