Un 1er janvier à pleurer
Le drame du jour de l’An à Crans-Montana occupe nos esprits. Sidération et incompréhension face à un incendie qui n’aurait jamais dû se produire. En 2026, est-il possible de mourir ou d’être brûlé gravement et en si grand nombre, dans un bar des Alpes valaisannes?
Cette tragédie frappe des jeunes, à un âge où les rêves d’avenir sont en pleine floraison. Elle frappe dans un moment joyeux, festif, où tant de vœux ont été envoyés. Des vœux de bonheur qui gardent un goût d’inachevé après cette épouvantable nuit de la St-Sylvestre.
Les leçons de cet accident restent encore à tirer. On peut déjà – c’est la note positive – saluer la réactivité des professionnels du feu, des médecins et soignants, des ambulanciers et des pilotes d’hélicoptères, des policiers et autres personnes spontanément mobilisées pour secourir, trier, soigner, sauver. Reste que ce 1er janvier 2026 va rester gravé dans nos mémoires.
«Notre jeunesse ne vaut-elle pas qu’on la prémunisse d’un tel accident?»
Il est à pleurer. Pleurer avec les familles des disparus, pleurer et prier pour la guérison des grands brûlés. Mais aussi pleurer sur les conditions dans lesquelles ce drame s’est déroulé. Des adultes responsables peuvent-ils laisser un local aussi fréquenté sans contrôle sérieux des aménagements?
Oui, il est à pleurer qu’à notre époque, innovante dans des multiples domaines, et dans notre pays, souvent à l’avant-garde technologique, il existe encore des lieux «oubliés». Notre jeunesse ne vaut-elle pas qu’on la prémunisse d’un tel accident? L’argent-roi suffit-il à justifier une telle légèreté dans la sécurisation d’un établissement de divertissement?
La justice va faire son travail, remonter les pistes, énoncer les responsabilités. Il reste néanmoins la sensation d’un immense gâchis. Des jeunes sont morts ou sont grièvement blessés, des familles sont dans la douleur, des vies sont brisées. La vie semble parfois cruelle, dans le non-sens. «Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur», dit le psalmiste. La souffrance cherche des réponses, car nous ne pouvons pas passer notre vie à pleurer.
Bernard Litzler
5 janvier 2026
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