Philippe Golay

Usé jusqu’à l’âme

Cela arrive généralement quand on n’en peut plus de rendre service, de donner son temps, d’entrer et demeurer en fraternité, de mettre ses propres compétences au service d’autrui. Ici et là. Chez d’aucuns. Depuis des années. Le seuil de la démesure franchi, l’effondrement se produit. Ici sans bruit. Là avec fracas.

Un temps, des hommes et des femmes résistent aux sarcasmes, aux atteintes à leur personne. Plus intime encore: à la moquerie concernant leur vie spirituelle. Les uns, les autres luttent contre coups et blessures de toute nature, résistent aux actions de démolition de cet édifice immatériel auquel le dictionnaire de la langue française donne sept noms: la droiture, la franchise, l’honnêteté, la loyauté, la probité, la rectitude, la sincérité.

Ici, là, des hommes et des femmes n’en pouvant plus s’effondrent. Les critiques en tout domaine ont petit à petit anémié leur ossature physique, mentale, sociale, culturelle, voire spirituelle. Usés, privés de toute estime, ils découvrent un jour leur état d’effondrement, en viennent à se dire que l’usure est telle que leur âme est désormais une petite chose.

Lorsque tendre les bras devient impossible, se placer davantage encore sous le regard de Dieu, certes, mais l’usure est telle chez l’un, l’autre, que cela ne vient pas immédiatement à l’esprit.

Usé jusqu’à l’âme? Cela peut arriver à chacun, chacune, voire aux plus solides des humains. Que faire, comment s’y prendre? Mettre davantage d’âme dans tout, vraiment tout. Puis sourire.

PhilGo – pro info

«Usés, privés de toute estime, ils découvrent un jour leur état d’effondrement»
7 janvier 2015 | 17:03
par Philippe Golay
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