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Homélie

Homélie du 1er avril 2018 (Jn 20, 1-9 )

Abbé Innocent Muanda Muana Futi (R.D.Congo) – Eglise de Saint-Germain, Savièse, VS

Chers frères et sœurs, la paix soit avec vous tous !

1. Les Saintes Ecritures

Nous voici réunis, comme chaque année, en cette Eglise paroissiale de Saint Germain à Savièse pour célébrer la solennité de Pâques, dans la joie et l’action de grâce. De fait, au désespoir et au désarroi du tombeau vide découvert au matin du troisième jour succède une certitude, une conviction : « Le Christ est vraiment ressuscité ! » C’est par ce cri de joie que les apôtres, au soir du même troisième jour, accueillent les deux disciples d’Emmaüs qui étaient revenus en toute hâte auprès du groupe pour leur annoncer qu’ils ont bel et bien rencontré le Christ, vivant.

2. Signification théologique de la Pâques

L’Eglise enseigne en effet que ce « passage » du Christ de la mort à la vie est un fait à la fois unique et grandiose, un événement qui relève du mystère : Dieu, en appelant Jésus à une vie nouvelle, change tout simplement et de manière radicale la signification de la mort humaine. De cet événement jaillit désormais une nouvelle création de l’homme et de l’univers tout entier. La résurrection du Christ, c’est donc la Victoire définitive de la Vie sur la mort, la victoire du Bien sur le mal, le triomphe de l’Amour Divin.
Oui, l’amour de Dieu a toujours et de tout temps pris le dessus sur les turbulences, les révoltes et les infidélités de l’homme, comme l’indique assez clairement l’histoire religieuse du Peuple de Dieu ; tout comme la liturgie, depuis la Veillée pascale, le démontre de manière encore plus précise par ses rites, ses symboles et les lectures bibliques.

3. Comprendre et vivre notre propre pâque !

Frères et sœurs,
Par sa résurrection d’entre les morts, le Christ a illuminé de sa splendeur la nuit de nos vies, de nos désirs, de nos attentes. Il nous faut à cet effet raviver notre foi, notre amour et notre espérance dans le salut que Dieu accorde aux hommes et femmes de toutes tribus, langues, peuples et nations. Car nous aussi, avec et à la suite du Christ, nous avons été tirés du tombeau … La fidélité de Marie-Madeleine, le courage des apôtres (Pierre et Jean, en particulier), et l’enthousiasme des disciples d’Emmaüs nous inspireront à coup sûr et nous serviront de modèles. Oui, ils ont dû courir… ils ont dû s’essouffler… préoccupés qu’ils étaient tous par la recherche de la vérité sur le sort du Maître, leur Maître!

Quant à nous, la vérité est que nous courons, nous aussi. Souvent essoufflés, tant le stress nous submerge ! Il nous faut cependant dès aujourd’hui prendre conscience que nous devons courir et nous essouffler, sans pour autant perdre le souffle… pour une cause noble, à savoir la création de l’homme nouveau qui conduira au renouvellement de l’humanité tout entière. Une redécouverte dans nos vies et nos communautés de vie des valeurs réellement humaines et des vertus intrinsèquement chrétiennes s’impose, en effet : un regard nouveau, une ouïe plus fine, un cœur plus tendre et des bras plus ouverts.

C’est cela célébrer Pâques, comme ces exhortations de l’apôtre Paul le soulignent avec force : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, ordonne-t-il, recherchez les réalités d’en haut » (Col.3, 1) ; « Purifiez-vous donc des vieux ferments, et vous serez une pâte nouvelle, vous qui êtes le pain de la Pâque… (Célébrez donc) la Fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité » (1 Co 5, 6b – 8) ; « Frères, puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonné : faites de même… Instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres en toute sagesse… »(Col. 3, 12…17)

4. Epilogue

Frères et sœurs,
La résurrection du Christ que nous célébrons est un mystère. Il est grand et profond, si profond que d’intelligence simple-ment humaine il se révèle insondable. Il ne devient appréhensible qu’à travers la proximité et l’intimité avec Dieu. Je vous conte une petite histoire qui peut illustrer mes propos :

Un enfant demande à son père : Père, quelle est donc la taille de Dieu, la grandeur de Dieu ? Le père alors lève les yeux au ciel et fixe l’avion qui, à cet instant précis, passe par là, mais volant à très haute altitude. – Quelle est la taille de cet avion ? – Oh, il est très petit ; je peux à peine le voir ! Puis le père prend l’enfant dans sa voiture, et roule en direction de l’aéroport où l’avion vient d’atterrir. Au fur et à mesure qu’ils approchent, et ce jusqu’au tarmac, le père demande au fils : dis-moi donc, quelle est la taille de l’avion ? –Waouh papa, il est énorme. Et le père de lui dire : mon fils, la taille de Dieu, c’est cela. Elle dépend en effet de la façon dont tu es près ou loin de lui. Plus tu es proche de lui, plus il sera grand et énorme dans ta vie. Voilà la vérité. Seule donc ton intimité, ta proximité avec Dieu te fera percevoir sa grandeur…

Frères et sœurs,
Que par sa grâce Dieu dissipe nos ténèbres, qu’il fasse de nous des témoins enthousiastes du Christ ressuscité et des messagers humbles et fidèles de la Bonne Nouvelle du salut. Par Jésus le Christ, notre Seigneur. Amen.


DIMANCHE DE PÂQUES – LA RÉSURRECTION DU SEIGNEUR

 

Lectures bibliques : Actes 10, 34a.37-43; Psaume 117, 1-2, 16-17, 22-23; Colossiens 3, 1-4;  Jean 20, 1-9


 

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1 avril 2018 | 16:01
Temps de lecture : env. 4  min.
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