Homélie du 8 mars 2026 (Jn 4, 5-42)
Abbé Daniel Agbetti – Eglise Saint-Laurent, Villaraboud, FR
Chers frères et sœurs,
Chers auditeurs et auditrices de la RTS,
Notre méditation, en ce troisième dimanche de Carême, nous conduit au cœur d’une des rencontres les plus profondes de l’Évangile : celle de Jésus avec la Samaritaine, au bord du puits, lieu symbolique de la rencontre entre Dieu et l’homme. C’est là que Jésus rencontre la Samaritaine et révèle le mystère d’un Dieu qui vient chercher l’humanité.
Lorsque la femme arrive, Jésus est déjà présent. Ce détail nous rappelle une vérité essentielle de la vie spirituelle : Dieu prend toujours l’initiative de la rencontre. Avant même que nous le cherchions, il nous cherche. Avant que nous l’invoquions, il est déjà présent. Toute rencontre avec Dieu commence par cette initiative silencieuse de sa grâce. Son amour précède notre prière et accompagne notre histoire.
Dieu choisit de se révéler dans le quotidien le plus ordinaire
La Samaritaine vient simplement puiser de l’eau, comme chaque jour. Mais c’est dans le quotidien le plus ordinaire que Dieu choisit souvent de se révéler. L’Évangile nous enseigne que la rencontre avec Dieu n’est pas réservée aux moments exceptionnels de la vie.
Lorsque Jésus dit : « Donne-moi à boire », sa parole dépasse la soif physique. Elle révèle le désir de Dieu de rejoindre l’homme dans sa fragilité et dans son histoire.
Peu à peu, Jésus conduit la Samaritaine vers l’« eau vive », symbole de la vie divine et du don de l’Esprit Saint. Le cœur humain porte des désirs profonds que les réalités matérielles ne peuvent pleinement combler, car il est fait pour l’infini de Dieu.
Dieu est celui qui donne et celui qui est donné
Le sommet du dialogue se trouve dans cette parole : « Si tu savais le don de Dieu… » Le don de Dieu n’est pas d’abord une chose, mais une personne : le Christ lui-même, qui se donne à l’humanité pour nous conduire à la communion avec lui. En lui, Dieu est à la fois celui qui donne et celui qui est donné : le Don et le Donateur.
La rencontre transforme la Samaritaine. Elle découvre qu’elle est connue et aimée sans condition. Elle laisse alors sa cruche : elle était venue chercher de l’eau, et elle repart ayant trouvé une source plus profonde. La rencontre authentique avec le Christ libère le cœur et oriente la vie vers l’essentiel.
Ce témoignage de la samaritaine prend aujourd’hui une résonance particulière avec la Journée internationale des droits des femmes. L’Évangile nous rappelle que la dignité de chaque femme et de chaque homme trouve son fondement dans le regard du Christ, qui appelle chacun à la liberté, à la vérité et à la mission.
Un coeur qui désire la présence de Dieu
Frères et sœurs, en ce temps de Carême, posons-nous cette question : de quoi notre cœur a-t-il vraiment soif ? Nous avons soif d’amour, de paix et de sens… Cette soif n’est pas un vide à supprimer, mais l’espace intérieur où Dieu veut se révéler.
Dieu n’attend pas un homme parfait ; il attend un cœur qui désire sa présence. Puissions-nous rencontrer le Christ au puits de notre vie quotidienne, afin que jaillisse en nous l’eau vive de son Esprit. Car la plus belle vérité de notre foi demeure celle-ci : Dieu a soif que nous ayons soif de lui. Amen.
3e Dimanche de Carême
Lectures bibliques : Exode 17, 3-7 ; Psaume 94 ; Romains 5, 1-8 ; Jean 4, 5-42
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