1.1.1.1.1.1.1.1 Mettre fin des deux côtés à l’effusion de sang en Terre Sainte
1.1.1.1.1.1.1 Jérusalem: Mgr Sabbah interpelle à nouveau la communauté internationale
Jérusalem/Rome, 19 décembre 2002 (APIC) Les chrétiens de Terre Sainte «fêteront Noël malgré tout», a déclaré le patriarche latin de Jérusalem. Sur les ondes de Radio Vatican, Mgr Michel Sabbah a lancé un nouvel appel à la communauté internationale pour qu’elle «applique ses décisions» et mette fin à l’occupation israélienne. Une telle occupation viole impunément le droit international depuis plus de trois décennies.
Dans une brève interview, le patriarche palestinien a affirmé que l’atmosphère n’a jamais été aussi tendue, à l’approche de Noël. «Depuis l’occupation israélienne commencée en 1967, nous célébrons l’anniversaire de la naissance du Christ chaque année dans une situation de violence», a-t- il rappelé. «Cette année, la situation semble être encore plus difficile à cause de l’occupation de l’armée israélienne qui encercle la ville de Bethléem et du couvre-feu imposé à toutes les autres villes palestiniennes».
Leaders israéliens et palestiniens également interpellés
Toutefois, a ajouté Mgr Michel Sabbah, «nous vivrons cette fête malgré tout dans la foi et la prière, même si nos coeurs seront très tristes». Interrogé par ailleurs sur la situation actuelle en Israël/Palestine, le patriarche a de nouveau appelé la communauté internationale «à avoir plus de courage et à intervenir pour mettre fin à l’effusion de sang qui coule en Terre Sainte». «Jusqu’à maintenant, la communauté internationale a parlé, aidé, décidé, mais elle n’a pas encore réussi à imposer quoi que ce soit dans cette situation alors qu’elle sait ce qu’elle a à faire pour mettre fin au conflit», a-t-il déploré. «Elle doit donc appliquer ses décisions».
Le patriarche latin de Jérusalem – victime d’une campagne de dénigrement sournoise menée depuis un certain temps par des milieux catholiques et évangéliques pro-israéliens, appuyés par des officiels israéliens – s’est taillé une réputation d’avocat de la cause palestinienne. Pour lui, il n’y aura pas de paix sans justice, c’est-à-dire sans la restitution de ses droits au peuple palestinien. Dans une adresse à l’occasion de Noël, Mgr Michel Sabbah interpelle également les leaders israéliens et palestiniens et considèrent qu’ils doivent démissionner s’ils ne sont pas capables de parvenir à la paix au Moyen-Orient.
Transformez les barrages militaires israéliens en lieux de prière
«Si les actuels leaders n’arrivent pas à faire la paix, il n’y a qu’une solution: qu’ils fassent la place à d’autres leaders. Peut-être feront-ils mieux là où ceux qui sont en place ont échoué», a-t-il lancé. Selon les médias internationaux, le message du patriarche, qui a toujours critiqué la politique du premier ministre israélien Ariel Sharon, vise également le président de l’Autonomie palestinienne Yasser Arafat. Certes, a déclaré Mgr Sabbah aux médias, l’appel à la paix concerne en premier lieu les autorités israéliennes, «car c’est entre leurs mains», mais «si Arafat n’est pas capable de faire la paix, évidemment, qu’il cède la place à un autre.»
Michel Sabbah a également critiqué l’intifada armée. Si les Palestiniens avaient résisté aux tanks israéliens avec un rameau d’olivier, a-t-il déclaré aux journalistes à Jérusalem, «ils auraient neutralisé la machine militaire de Sharon». Le patriarche latin a encore critiqué la décision israélienne d’empêcher une nouvelle fois Arafat de se rendre à Bethléem pour participer aux célébrations de Noël et à la messe de minuit à l’endroit qui a vu naître le Christ.
«Lieux d’humiliation, de haine et de mort»
Appelant les Israéliens à mettre un terme à l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, il a également demandé aux chrétiens de transformer les barrages militaires israéliens en lieux de prière si Israël ne lève pas ses restrictions empêchant les Palestiniens de se déplacer pour les célébrations de Noël. Les barrages militaires israéliens sont des «lieux d’humiliation, de haine et de mort», a-t-il lancé.
En signe de protestation contre la présence de blindés israéliens dans la ville sainte de la Nativité – et le couvre-feu imposé aux 100’000 habitants de l’agglomération de Bethléem-Beit Jala-Beit Sahour – , la municipalité de Bethléem ne fera pas poser d’illuminations. Elle n’installera pas non plus le traditionnel sapin de Noël sur la Place de la Mangeoire, en face de la Basilique de la Nativité, a déclaré mardi Hanna Nasser, le maire catholique palestinien. Le président israélien Moshe Katsav avait pourtant promis que les troupes israéliennes évacueraient Bethléem pour Noël «s’il n’y avait pas de menace terroriste», lors de sa visite au pape Jean Paul II à Rome la semaine dernière.
Danny Rothschild, ancien gouverneur militaire de Cisjordanie, a déclaré à la télévision israélienne qu’Israël devrait se retirer de Bethléem, au moins durant les festivités de Noël, car «notre présence à Bethléem va rendre les fêtes très difficiles pour les chrétiens et cela va nous causer des problèmes dans nos relations avec les chrétiens et la communauté internationale».
Israël empêche le libre exercice de la vie religieuse: restrictions imposées au clergé
Cette semaine, le patriarche latin avait déjà reproché à l’occupant israélien d’empêcher la libre circulation des fidèles chrétiens, sans parler des restrictions imposées au clergé. Il a dénoncé le risque que faisaient peser ces restrictions de circulation sur l’avenir du séminaire latin, menacé dans son existence, alors qu’il est «le coeur du patriarcat». Les «mesures injustifiées» prise par Israël en matière de visas et d’autorisations de séjour concernent notamment les candidats au sacerdoce de nationalité jordanienne, qui forment les deux tiers des effectifs. Des mesures restrictives frappent également des congrégations religieuses présentes en Terre Sainte.
Ces mesures prises par l’occupant «empêchent l’activité pastorale de l’Eglise parce qu’elles rendent presque impossible le déplacement des prêtres à l’intérieur du diocèse», qui comprend également la Jordanie. Malgré les interventions du patriarcat et de la Délégation apostolique à Jérusalem, qui représente le Saint-Siège, «aucune réponse satisfaisante n’a été donnée». «De telles mesures sont injustifiables et inacceptables de la part d’un gouvernement qui prétend respecter la liberté religieuse pour tous en Terre Sainte», affirme le patriarcat latin de Jérusalem. (apic/media/bbc/patlat/be)



