2 Une convention pour éviter les poursuites pour abus sexuels

1.1.1.1.1.1 New Hampshire: Arrangement légal signé par le diocèse de Manchester

Manchester, 12 décembre 2002 (APIC) Le diocèse de Manchester, dans l’Etat américain du New Hampshire, a signé un arrangement légal pour éviter des poursuites criminelles pour abus sexuels devant les tribunaux. Cette convention légalement contraignante passée avec le procureur général de l’Etat est publiée sur le site internet du diocèse (www.rcbm.org) par le Bureau du délégué pour l’inconduite sexuelle, un organisme de l’Eglise diocésaine.

Pour l’évêque de Manchester, Mgr John B. McCormack, la signature de cet accord signifie une «aube nouvelle» pour l’Eglise du New Hampshire, «après une année d’obscurité qui a semblé sans fin». L’Eglise a beaucoup souffert en raison du drame résultant «d’abus sexuels horribles commis par quelques prêtres qui ont causé de terribles dommages à des enfants et à des jeunes». Pour Mgr McCormack, le jour nouveau que vit l’Eglise du New Hampshire est marqué par la coopération avec les autorités civiles «pour l’amélioration et la sécurité de notre société».

L’accord légal reconnaît que le diocèse de Manchester aurait pu être condamné pour avoir manqué à son devoir de protection des mineurs contre des abus sexuels commis par des membres du clergé. Mgr McCormack admet que l’Etat a suffisamment de preuves pour inculper le diocèse pour avoir, par des manquements au niveau de ses structures, violé la loi sur la protection de l’enfance.

Des évêques ont commis des fautes, mais pas intentionnellement

Mgr Wilton D. Gregory, évêque de Belleville et président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, a précisé que cette convention n’a pas d’effets légaux dans les autres diocèses américains. Il a reconnu que des évêques avaient commis des fautes, mais pas de «mauvaises actions intentionnelles» en permettant à des prêtres abuseurs de rester dans leur ministère.

L’accord signé mardi avec le procureur général du New Hampshire évite la poursuite du diocèse et permet la surveillance par le bureau du procureur général de la politique menée par le diocèse en matière d’abus sexuels commis contre des mineurs. L’accord prévoit un audit annuel pendant cinq ans pour garantir que les procédures sévères pour la protection des enfants prévues par le diocèse soient effectivement suivies. L’Etat se réserve le droit de poursuivre les prêtres suspectés d’abuser des enfants mineurs.

Si cet arrangement n’avait pas été signé, le diocèse de Manchester aurait pu devenir le premier diocèse à faire face devant un tribunal à des charges criminelles dans le cadre de la crise des abus sexuels qui a sévèrement frappé l’Eglise américaine en l’an 2002, tant au plan financier qu’à celui de la crédibilité et de l’image. Le procureur général a ainsi conclu une enquête contre le diocèse menée durant les dix derniers mois.

Un rôle de pionnier contre les abus sexuels

Ces derniers temps, le diocèse de Manchester a signé des accords avec plus de 80 victimes d’abus dans le but de les aider à soigner leurs souffrances. Il a respecté leur désir de préserver leur sphère privée. Dans le passé, le diocèse a déjà assisté de nombreuses autres victimes. Selon les autorités diocésaines, Manchester est un exemple national pour avoir développé un vaste programme de formation comprenant notamment la façon d’identifier, de prévenir et de dénoncer les abus sexuels.

A l’heure actuelle, le diocèse a formé sur ce sujet plus de 2’500 prêtres et employés, et prépare des programmes de formation destinés à tout bénévole engagé dans l’Eglise du New Hampshire. En février dernier, Manchester a été l’un des premiers diocèses des Etats-Unis à publier le nom des prêtres visés par des allégations crédibles d’abus sexuels. Depuis février, ces prêtres ont été systématiquement retirés de leur ministère. (apic/cns/rcbm /be)

12 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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