1.1.1.1.1.2 Suisse: Session d’automne de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse

1.1.1.1.1.1

La FEPS ne lancera pas d’initiative pour un article sur les religions

1.1.1.1.1.3 Berne, 13 novembre 2002 (APIC) La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) ne lancera pas d’initiative populaire pour un article constitutionnel sur les religions. Cette proposition a été rejetée à l’unanimité par les délégués de la FEPS réunis les 11 et 12 novembre à l’Hôtel de Ville de Berne.

1.1.1.1.1.4 L’Assemblée des délégués de la (FEPS) a également accueilli quatre nouvelles Eglises membres et annoncé la poursuite de la collaboration de la FEPS avec la Conseil Oecuménique des Eglises (COE) à Genève, qui traverse une profonde crise d’identité et doit faire face à de graves difficultés financières.

Après avoir présenté son rapport aux médias fin octobre, le groupe d’experts «Article sur les religions» – mis sur pied en septembre 2000 – l’a présenté aux délégués de la FEPS. Le groupe avait reçu le mandat d’étudier les options possibles d’un article constitutionnel sur les religions. Les formulations concrètes proposées concernent le droit à l’autodétermination des Eglises et la réglementation des relations entre la Confédération et les Eglises et autres communautés religieuses.

L’Assemblée des délégués a salué ce rapport, mais après discussion, a refusé à l’unanimité l’opportunité de lancer une initiative populaire pour l’introduction d’un article constitutionnel sur les religions. En revanche, la démarche prévue par le Conseil de la FEPS pour poursuivre dès maintenant la discussion dans les Eglises membres et avec les Eglises soeurs et porter le débat dans le grand public a été acceptée.

Le Conseil de la FEPS, favorable à un article sur les religions dans la Constitution fédérale suisse, estimait qu’il permettrait de reconnaître l’empreinte chrétienne de notre culture et les conquêtes acquises au cours d’un longue histoire. Un article sur les religions clarifierait à ses yeux la compréhension diverse des rôles de l’Etat et des Eglises et communautés religieuses dans le sens d’une séparation claire de la politique et de la religion, tout en encourageant le développement de modèles de coopération critique entre les institutions auxquelles sont confiées des tâches.

Dès le 1er janvier 2003, la FEPS comptera quatre nouvelles Eglises membres de plus en son sein. Il s’agit de l’Eglise réformée évangélique du canton de Nidwald, de l’Association des paroisses réformées évangéliques du canton d’Obwald, de l’Eglise réformée évangélique du canton de Schwyz et de l’Eglise réformée évangélique du canton d’Uri. Jusqu’ici, ces quatre Eglises étaient réunies au sein de l’Association des Eglises réformées de Suisse centrale (EKZ), à laquelle appartenait aussi précédemment les Eglises du Tessin, de Lucerne et de Zoug. L’EKZ sera dissoute à la fin de cette année. Avec l’arrivée des Eglises réformées évangéliques de Schwyz, Obwald, Nidwald et Uri, la FEPS représentera désormais 26 Eglises au lieu de 23, EKZ compris.

L’importance de la contribution protestante à la communauté oecuménique

Dans son message présidentiel, le pasteur Thomas Wipf a donné un écho de la dernière séance du Comité central du COE. Malgré la crise d’identité actuelle et la crise financière que traverse le COE, la FEPS continuera de participer activement au travail du COE. Pour le président du Conseil de la FEPS, Thomas Wipf, la contribution protestante à la restructuration du COE est très importante. La mise sur un pied d’égalité des femmes consacrées est une priorité, y compris lors des méditations interconfessionnelles du COE, ce que ne goûtent pas les orthodoxes.

«Nous avons beaucoup à apporter à la communauté oecuménique. La tradition orthodoxe et catholique romaine a besoin de cette contribution protestante», a indiqué le pasteur Wipf en soulignant les initiatives qui pourraient naître de la discussion avec les Eglises soeurs, «pour les Eglises protestantes aussi.» JB

Encadré

1.1.1.1.1.5 Non à l’initiative de l’UDC sur l’asile

L’Assemblée des délégués de la FEPS, suivant la prise de position déjà publiée par le Conseil de la FEPS, rejette l’initiative populaire de l’Union démocratique du Centre (UDC) «contre l’abus dans le droit d’asile». L’initiative contredit des valeurs chrétiennes fondamentales et remet en question la tradition humanitaire et chrétienne de la Suisse. Elle ferme toutes les portes aux demandeurs d’asile réellement menacés. Les mouvements de fuite de populations à l’échelle mondiale lancent un défi à la réflexion éthique et aux comportements qui en découlent. La tâche de la Suisse, dans le cadre de la coopération au développement, est de prévenir les principales causes de fuite: la violence, la faim et l’injustice. Au travers de leurs oeuvres d’entraide les Eglises membres de la FEPS y contribuent largement, affirme le Conseil dans un communiqué. JB

1.1.1.1.1.5.1 Encadré

La religion, pas seulement une affaire privée de l’individu

Le Groupe d’experts de la FEPS proposait la création d’un article sur les religions en considérant que la religion n’est pas seulement affaire privée de l’individu: elle a aussi un lien à la communauté et un impact sur la vie publique. La liberté individuelle de croyance et de conscience de l’art. 15 de la Constitution fédérale devrait être complété par une liberté de religion corporative des Eglises et autres communautés religieuses.

Une deuxième orientation générale concerne l’Art. 72 CF qui définit les liens entre Eglise et Etat. Qu’il n’existe pas aujourd’hui de base juridique, au niveau fédéral, pour les relations entre organes de la Confédération et communautés religieuses constitue une lacune aux yeux du Groupe d’experts. De ce point de vue, un article sur les religions pourrait être une base constitutionnelle de la coopération présente et future. Une demande apparaît également, celle d’une certaine structure et transparence dans l’entretien de relations. Une troisième orientation générale veut assurer la souveraineté cantonale en matière de droit ecclésial. Les cantons doivent pouvoir continuer à réglementer de manière autonome leur relation aux communautés religieuses. (apic/com/feps/be)

13 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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