1.1.1.1.1 Appel dramatique des religieuses: la ville meurt dans l’indifférence
1.1.1.1 Bethléem: Malgré les promesses du président israélien au pape, Bethléem occupée à Noël
Bethléem, 16 décembre 2002 (APIC) Malgré les promesses du président israélien Moshé Katsav, reçu jeudi au Vatican par le pape Jean Paul II, Bethléem, la cité de la Nativité du Christ, restera sous occupation militaire israélienne et sous couvre-feu à Noël. Alors que le chef d’état- major israélien Moshé Ya’alon précise que l’armée d’occupation n’a aucune intention de quitter la ville sainte chrétienne, les religieuses franciscaines élisabéthaines de l’Hôpital des enfants de Bethléem lancent un appel dramatique: «La ville meurt dans l’indifférence».
Les religieuses du «Caritas Baby Hospital» ont lancé un appel au monde entier relayé lundi par l’agence missionnaire MISNA: «Bethléem se meurt, dans l’indifférence totale du monde chrétien. Le destin de cette ville est celui de payer et de payer toujours pour ceux qui sèment la mort».
Punition collective: les habitants innocents vivent comme des animaux en cage
Les religieuses de Padoue déplorent que tous les habitants innocents soient victimes d’une punition collective: «Nous vivons prisonniers, comme des animaux en cage, nourris par les organisations humanitaires. Nous ne sommes pas une ville de terroristes pour mériter une telle répression continuelle et brutale.» Les soeurs italiennes dénoncent en termes sévères l’occupation israélienne de la ville qui a vu naître le Christ, qu’ils qualifient de ville «humiliée, à bout de forces, désormais réduite à une cage mortelle, ravagée par une vengeance sans fin.»
Elles décrivent dans leur appel angoissé les hurlements des soldats, juchés sur des blindés, qui ordonnent le couvre-feu, l’interdiction de sortir des maisons: «Comment se taire, alors qu’ils nous maintiennent en esclavage, que nous sommes nous aussi prisonniers, reclus dans nos maisons comme dans une tombe, empêchés de circuler librement dans notre ville, nos enfants interdits d’école, jusqu’à quand ? «
Faillite économique et absence de perspective d’avenir
A la veille de Noël, les religieuses interpellent vigoureusement le monde soi-disant chrétien qui maintient le silence sur la situation faite à Bethléem. Dimanche, les autorités d’occupation ont fait savoir que le président de l’Autorité palestinienne serait une nouvelle fois interdit de messe de minuit à Bethléem. L’économie de la ville, qui vit du tourisme et des pèlerinages, est sinistrée. Malgré les vagues promesses israéliennes de permettre l’exercice du culte chrétien à Noël, les troupes israéliennes resteront sur la Place de la Nativité et le ministre de la défense Shaul Mofaz a confirmé que le retrait des forces israéliennes de la ville «n’était pas à l’ordre du jour».
Jeudi dernier, le président israélien Moshé Katsav avait pourtant promis au pape Jean Paul II à Rome un retrait de Bethléem pour Noël pour peu qu’il n’y ait pas «d’alertes terroristes», des propos tenus à Rome à destination des médias internationaux, mais aussitôt démentis sur place par les responsables militaires israéliens.
A l’occasion de la visite du président israélien au Vatican, le Comité des laïcs en Terre Sainte (LCHL), une organisation basée à Jérusalem qui regroupe des chrétiens de toutes les dénominations, a dénoncé les punitions collectives et le couvre-feu imposés depuis des semaines à la population de Bethléem: «Nous enfants vivent dans la terreur continuelle, nos malades et nos vieillards meurent en raison du manque de médicaments et de services médicaux résultant de la réoccupation de Bethléem par les Israéliens. Nos fidèles ne peuvent exercer leur liberté religieuse et leur droit de prier. Bethléem n’est que l’une des nombreuses villes palestiniennes sous occupation et fermées par l’armée. Toutes nos activités économiques sont désormais paralysées et en faillite, et nous nous acheminons vers un désastre total. Nous n’avons ni argent, ni espoir et ne voyons aucun avenir pour nous. Les Israéliens nous punissent parce que nous avons décidé de rester de façon inébranlable dans notre Terre Sainte. Nous n’avons pas d’autres endroits où aller.»
Dans leur message au pape Jean Paul II, les chrétiens de Terre Sainte – qui sont de moins en moins nombreux sur la terre qui a vu naître le Christ – affirment que le pape reste leur seul refuge et la seule lueur d’espoir dans l’obscurité qu’ils doivent subir. Les signataires de la lettre au pape soulignent que la paix ne peut être obtenue ni par la terreur, ni par les représailles et la violence. Ils écrivent que la ville de la Nativité a déjà vécu cette année sous couvre-feu pendant 112 jours et que cette punition collective devrait se poursuivre jusqu’à fin décembre. (apic/haar/misna/be
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