1.1.1.1.1 Prélat catholique parmi les plus importants d’Amérique latine

1.1.1.1 Colombie: Enlèvement du président du Conseil épiscopal latino- américain CELAM

Bogota, 12 novembre 2002 (APIC) Le président du Conseil épiscopal latino- américain (CELAM), Mgr Jorge Enrique Jimenez Carvajal, et le prêtre qui l’accompagnait, ont été enlevés lundi matin par des hommes armés appartenant, selon l’armée colombienne, à une unité de la guérilla des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC). Evêque de Zipaquira, près de Bogota, le prélat colombien âgé de 60 ans est l’une des personnalités catholiques les plus importantes d’Amérique latine.

Avec l’enlèvement du président du CELAM, l’Eglise est à nouveau la cible des groupes armés qui ensanglantent la Colombie, 8 mois après l’assassinat, le 16 mars dernier, de l’archevêque de Cali, Mgr Isaias Duarte Cancino. Depuis cette date, une douzaine de prêtres et religieux ont été victimes de la violence qui n’épargne pas le clergé local et qui a déjà fait plus de 200’000 morts ces quatre dernières décennies. Une quarantaine de prêtres, deux missionnaires et deux évêques sont tombés sous les balles des tueurs depuis 1989 en Colombie, selon l’agence de presse missionnaire MISNA.

36’000 Euros de récompense

Mgr Jorge Jimenez se rendait à une cérémonie religieuse dans la ville de Pacho, à 55 km au nord de Bogota, capitale colombienne, quand sa voiture a été stoppée à San Antonio de Aguilera par deux hommes armés. Son accompagnant, le Père Desiderio Orjuela, curé de Pacho, a également été pris en otage, tandis que le chauffeur et un enseignant qui étaient à bord du même véhicule ont été relâchés et ont pu donner l’alerte.

D’après l’agence de presse colombienne «Caracol Noticias», se basant sur des sources militaires et policières, les preneurs d’otages appartiendraient à la 22e Brigade «Policarpa Salvarieta» de la guérilla marxiste des FARC. Le maire de Zipaquira, Evert Bustamante, a lancé un appel à l’armée et au gouvernement afin qu’ils protègent à tout prix la vie du président du CELAM, car l’évêque du lieu s’est toujours engagé pour la sécurité de ses concitoyens pris dans les tourmentes de la guerre civile. L’armée, pour sa part, a offert une récompense de 36’000 Euros pour la libération de l’évêque de Zipaquira.

Le chef de l’armée, le général Carlos Alberto Ospina, a qualifié cet acte de «crime contre l’humanité». Ospina affirme que les auteurs de ce double enlèvement sont «très probablement» des membres  des FARC, la plus importante guérilla colombienne, qui compterait près de 17’000 hommes.

Menaces d’excommunication visant les auteurs de l’enlèvement

Le cardinal Pedro Rubiano Saenz, président de la Conférence des évêques de Colombie, a menacé d’excommunication les auteurs de l’enlèvement. Il avait déjà dénoncé cet été les menaces dont sont victimes les membres du clergé de la part des groupes armés. Près d’un millier de «cercles de vigilance» ont été créés par des fidèles dans tout le pays pour protéger les prêtres de plus en plus exposés pour oser critiquer les exactions des groupes armés ou pour dénoncer la corruption et le trafic de drogue. Plusieurs centaines d’églises et de chapelles ont dû être fermées ces derniers mois en raison des menaces que font peser les divers groupes armés. (apic/kna/misna/bbc/be)

12 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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