1.1.1.5.1 Décès d’un prêtre brûlé vif par les émeutiers

1.1.1.5 Nigeria: Légère amélioration des rapports entre musulmans et chrétiens

Lagos, 2 décembre 2002 (APIC) Après l’annulation par des chefs religieux musulmans au Nigeria d’une fatwa condamnant à mort une journaliste, Mgr Olorunfemi Onaiyekan, archevêque d’Abuja, note une «légère amélioration» dans les rapports avec les musulmans.

Dans la ville de Kaduna, au nord du pays, l’abbé Gemisi Iyere, un prêtre catholique blessé durant les affrontements déclenchés par le concours de Miss Monde, a succombé vendredi à ses graves brûlures, annonce l’agence vaticane FIDES.

L’abbé Iyere était un des prêtres les plus âgés du Nigeria. Il était curé d’une église dans le centre de Kaduna, dans un secteur musulman; auparavant il avait été longtemps aumônier militaire. Lors des affrontements dans le cadre du concours de Miss Monde – qui ont fait plus de 220 morts à Kaduna depuis le 22 novembre -, un groupe d’extrémistes islamistes a incendié l’église et le presbytère. L’abbé Iyere a été battu et brûlé vif. Il a été hospitalisé dans le coma à l’hôpital où les médecins espéraient pouvoir lui sauver la vie.

Les chefs musulmans interpellés

Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, président de la Conférence épiscopale du Nigeria, a estimé que les chefs musulmans doivent finalement prendre une position de condamnation ferme des violences perpétrées au nom de l’islam: «Le problème est politique et non pas religieux. Des hommes politiques sans scrupules se servent en effet de la religion pour leurs propres intérêts. Je lance donc un appel aux chefs musulmans pour qu’ils isolent les violents et trouvent des méthodes nouvelles de coexistence pacifique dans notre pays».

Dans une interview à l’agence vaticane FIDES, l’archevêque d’Abuja estime que «sur cette question, des indices nous font penser que nous sommes à un tournant.» Des autorités religieuses musulmanes ont en effet condamné la fatwa (le décret religieux) émis par le gouverneur de l’Etat de Zamfara contre la journaliste qui avait écrit l’article jugé blasphématoire, qui a servi de prétexte pour les affrontements d’il y a deux semaines. «Pour la première fois, souligne-t-il, les chefs religieux musulmans et d’autres membres de la communauté islamique ont annulé une fatwa, c’est indéniablement un fait positif».

Mgr Onaiyekan a proposé la semaine dernière d’intensifier les rencontres de la commission mixte composée des représentants des diverses communautés. «L’idée a été partagée par tous, y compris par les chefs musulmans. Nous faisons de légers progrès».

Les chrétiens ne veulent plus tendre l’autre joue

Répondant dans une interview à l’agence d’information missionnaire MISNA aux accusations de ceux qui lui reprochent ses propos sévères en réaction aux agressions subies par les chrétiens dans la ville de Kaduna, l’archevêque d’Abuja «ne trouve rien de mal à affirmer que la communauté chrétienne ne peut continuer à rester immobile face à certaines attaques». Lors d’une conférence de presse tenue avec d’autres chefs religieux la semaine dernière, il avait déclaré que les chrétiens  en avaient «assez de tendre l’autre joue».

«Cette expression doit être interprétée en fonction du contexte local», explique l’archevêque contacté par MISNA à Abuja, «parce que les musulmans l’emploient souvent de manière cynique et opportuniste envers nous. Il faut leur faire comprendre que nous ne pouvons pas continuer à rester en silence». Mgr Onaiyekan revendique «le droit à la légitime défense, qui est avant tout la défense de la vie humaine». (apic/fides/misna/be)

2 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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