1.1.1.9.1 En cas d’attaque américaine contre l’Irak, chrétiens premiers visés
1.1.1.9 Pakistan: Appel à la solidarité de l’Eglise menacée
Königstein, 22 décembre (APIC) En cas d’attaque américaine contre l’Irak, les chrétiens pakistanais seront les premiers visés, affirment les Eglises locales. Au Pakistan, dans une société à 80% analphabète et contrôlée par les mollahs, les 116 paroisses catholiques et les évêchés sont, en raison de la menace terroriste, en permanence sous surveillance policière. La petite minorité catholique au Pakistan, «pauvre parmi les pauvres», est surtout vulnérable près de la frontière avec l’Afghanistan.
Un pour cent de catholiques sont disséminés dans six diocèses et une préfecture, parmi une population d’environ 140 millions d’habitants, majoritairement musulmans, témoignent deux collaboratrices de l’oeuvre d’entraide catholique internationale «Aide à l’Eglise en Détresse», dont le siège est à Königstein, près de Francfort, en Allemagne.
De retour d’un voyage de trois semaines auprès des communautés catholiques locales, elles affirment qu’avec la menace d’une guerre en Irak, les gens ont peur: «Nous l’avons surtout remarqué au nord du pays, à la frontière afghane, où tous les missionnaires réagissaient avec nervosité à toute visite inattendue ou à tout appel anonyme. Ils savent parfaitement que si la situation s’aggrave, ils deviendront les boucs émissaires et devront payer pour les actes des puissances occidentales.»
Trop pauvres pour fuir en Occident
En dehors de quelques chrétiens plus aisés issus du sud du Pakistan, personne n’aurait les moyens de fuir en Occident. D’après les déclarations de Mgr Joseph Coutts, évêque du diocèse de Faisalabad, les chrétiens sont certes victimes de la discrimination, mais pas persécutés. Des chrétiens, mais aussi des musulmans sont traités comme des esclaves. La corruption, les abus sexuels, la discrimination à l’égard des femmes sont partout présents. «Les chrétiens n’ont pas les mêmes droits que les musulmans et font en plus les frais de la colère exprimée à l’égard des Etats-Unis et de l’Occident.», relèvent les interlocuteurs de l’AED.
Le manque de prêtres est criant et d’après la loi, les nouveaux missionnaires n’ont le droit d’entrer dans le pays que pour remplacer leur prédécesseur. Les prolongations de permis de séjour sont tout aussi problématiques pour les prêtres étrangers. Pour 149 prêtres, la vie de la paroisse est principalement animée par des catéchistes et des religieuses.
Un véritable dialogue s’est établi avec les musulmans
A Kushpur, un centre pour la formation des catéchistes reçoit le soutien de l’AED. De nombreux chrétiens ne sachant ni lire ni écrire, se réunissent chaque jour pour une prière commune dans la chapelle du village. Les soeurs du Bon Pasteur se consacrent aux femmes et aux enfants abusés, de courageux religieux et laïcs s’occupent de détenus qui souvent ont été arrêtés bien qu’innocents. «En dépit de la situation difficile, dans certains diocèses un véritable dialogue s’est établi avec les musulmans et l’on perçoit des signes d’espoir», témoignent les chrétiens locaux. C’est dans cette perspective que l’AED soutient la construction d’un centre pastoral pour le dialogue à Dawal, village musulman du diocèse d’Islamabad. (apic/com/aed/be)



