150’000 réfugiés dans la région du Pool

Selon des sources gouvernementales, 20.000 personnes sont passées de la région sud de Brazzaville à la région nord de la capitale, où la psychose a désormais gagné la population jusqu’à présent épargnée par les affrontements entre l’armée de Sassou Nguesso et les milices «ninjas» de l’ancien Premier ministre Bernard Kolélas. Plus de 10.000 personnes se sont enfuies en République Démocratique du Congo. D’après l’évêque de Kinkala, il y a au moins 150.000 réfugiés dans la région du Pool; ils se sont mis à l’abri dans les forêts pour échapper aux combats, sans nourriture et sans médicaments. Chez ceux qui ont tout perdu, l’abattement est grand. De nombreux centres qui accueillent les réfugiés sont des structures ecclésiales. Avec l’accord des autorités gouvernementales, la Croix-Rouge visite les quartiers de Bacongo et Makélékélé, où la répression gouvernementale est la plus sanglante, et emmène les blessés.

Au marché «Total» de Bacongo, le plus grand de la ville, toutes les échoppes ont été pillées, certaines brûlées par les milices «Cobras» de Denis Sassou Nguesso. La Croix-Rouge assure actuellement le fonctionnement du secteur de chirurgie de l’hôpital militaire et des hôpitaux de l’Université au centre de la Capitale, et de Talangai dans la région nord.

La Caritas locale s’est elle aussi mise en branle face à l’urgence qui a suivi les combats de décembre. Les réfugiés accueillis se trouvent dans des conditions précaires. Les prêtres, les conseils paroissiaux et les laïcs font tout ce qu’ils peuvent pour aider les déplacés du Sud, malgré le manque de nourriture, de tentes, de médicaments. Dès l’arrivée des premiers réfugiés, les pharmacies paroissiales ont épuisé leur stock. Ainsi, la paroisse du Saint-Esprit de Moungali a dû accueillir par exemple 15’000 personnes la veille de Noël. Le groupe le plus important, 20’000 déplacés, est logé autour du séminaire, et le Comité International de la Croix-Rouge s’occupe de leur assistance. L’Eglise «kimbanguiste» en a également accueilli près de 3’500, l’Armée du Salut plus de 2’500. De nombreux cas de tuberculose, de malaria et de diarrhées sont signalés. Beaucoup d’enfants, fuyant les combats, sont arrivés en ville sans leurs parents. (apic/fs/pana/be)

2 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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