165’000 signatures pour la fermeture des camps de prisonniers politiques

Corée du Nord: Un régime de terreur célèbre le «Jour du Soleil», dénonce Amnesty

Lausanne, 11 avril 2012 (Apic) Le «Jour du Soleil» célèbrera en grande pompe, le 14 avril, le 100e anniversaire de la naissance de Kim II-Sung, fondateur de la République démocratique et populaire de Corée du Nord. Dans un communiqué diffusé le 11 avril, Amnesty International attire l’attention sur le régime d’oppression et de terreur généralisé qui y sévit. «Les camps pour prisonniers politiques en sont la pierre angulaire et l’expression la plus inhumaine», affirme-t-elle.

L’organisation remettra le 12 avril dès 9h30 à Berne une pétition signée par plus de 165’000 personnes à l’ambassade de la Corée du Nord à Berne demandant la fermeture des camps pour prisonniers politiques, et en particulier du «tristement célèbre camp de détention de Yodok». Elle doute cependant que l’ambassade accepte de recevoir ses représentants. «Jusqu’à présent, ils ont refusé d’accorder un entretien à une délégation d’Amnesty International», souligne-t-elle.

L’existence des camps de détention de prisonniers politiques, connus sous le nom de Kwanliso, est niée par les autorités nord-coréennes, affirme le communiqué. Des images satellites rendues publiques et analysées par Amnesty International ainsi que les témoignages des survivants exilés ont révélé au grand jour cette réalité: environ 200’000 hommes, femmes et enfants vivent enfermés dans au moins six camps de prisonniers politiques. A Yodok, 50’000 personnes sont actuellement détenues sans jugement ou à la suite de procès «iniques».

L’espérance de vie y est particulièrement basse.

«Dans les camps de prisonniers, des centaines de milliers de personnes croupissent dans des conditions inimaginables. Invisibles du reste du monde, il existe en Corée du Nord des endroits où la protection de tout l’éventail des droits humains est ignorée», a déclaré Rajiv Narayan, experte pour la Corée du Nord à Amnesty International.

Les camps regroupent les opposants au régime, coupables d’avoir écouté de la radio sud-coréenne, critiqué la dynastie au pouvoir, ou encore tenté de trouver refuge dans la Chine voisine. Par ailleurs, selon le système de «culpabilité par association», toute personne appartenant sur trois générations à la famille d’un opposant est susceptible d’être emprisonnée à vie. Amnesty International estime qu’au moins la moitié des personnes dans les camps le sont par «association»

Les images satellites analysées par Amnesty International montrent que la population des camps s’est accrue ces dernières années. L’organisation demande aux autorités nord-coréennes la reconnaissance officielle de l’existence de ces camps, leur fermeture, ainsi que la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et de leurs familles. (apic/com/bb)

11 avril 2012 | 11:48
par webmaster@kath.ch
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