Les traditionalistes ont le vent en poupe. Ils devraient pouvoir se sentir

17 février 1994 (CIP)

à l’aise dans l’Eglise: c’est ce que déclare dans une interview accordée au

quotidien «Il Regno» le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la

Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le cardinal allemand dit constater que «le phénomène lefébriste est en

extension, même si on n’en parle plus beaucoup». Il s’en explique: «Il y a

des monastères de cloîtrés, des congrégations religieuses, un institut

universitaire à Paris, des séminaires partout dans le monde, avec un grand

nombre de candidats qui se préparent au sacerdoce, un nombre croissant de

prêtres, d’oratoires, d’églises».

Pour le cardinal, il s’agit là d’un «phénomène d’une importance indéniable,

ne serait-ce que par le grand nombre de prêtres qui y adhèrent: des jeunes,

souvent motivés par un grand idéalisme». Et il dit pourquoi il est

favorable à la conciliation: «Pour être ouverte à un sain pluralisme, qui a

naturellement ses limites mais admet des expressions diverses, l’Eglise

doit, je crois, montrer compréhension et générosité pour permettre aussi à

ces expériences de se sentir réellement chez elles, dans l’église commune

et universelle, de se réconcilier, et d’ainsi éliminer les raisons du

schisme.»

Le cardinal Ratzinger pense aux lefebvristes qui souhaitent retrouver la

communion avec Rome et qui «souffrent et souvent ne trrouvent pas une

compréhension suffisante et de la générosité dans l’Eglise». Il cite

l’exemple de l’abbaye du Barroux, dans le Vaucluse, en France. La

réconciliation fut laborieuse, dit-il, «pour aboutir maintenant dans la

spiritualité à cette nouvelle joie d’être vraiment dans l’Eglise

catholique: ils ont écrit un livre contre les critiques faites au

’Catéchismé.»

17 février 1994 (CIP)

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18 février 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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