2.1 Le silence et la prière face au tohu-bohu de la guerre
2 Genève: Chrétiens, musulmans et juifs se rassemblent à la cathédrale de Genève
Genève, 23 mars 2003 (Apic) Près de 200 fidèles de diverses confessions et religions se sont retrouvés samedi après-midi à la cathédrale de Genève pour «ensemble, dénoncer toute référence à Dieu pour justifier et alimenter les haines». Ces croyants de plusieurs Eglises et communautés religieuses de la ville, qui participaient à une célébration toute de sobriété et de dignité, ont opposé le silence et la prière au tohu-bohu des armes.
»Alors que le tohu-bohu envahit le monde, nous prenons ce moment, dans ce lieu de silence, pour dire que la guerre ne peut pas construire l’avenir. Nous entendons travailler à ce que nos communautés se reconnaissent dans la richesse de leur diversité et ne se laissent pas manipuler par ceux qui utilisent la religion pour attiser les conflits», a dit en substance le pasteur Joël Stroudinsky en ouvrant cette célébration.
Des responsables des communautés juive, musulmane, catholique romaine, catholique chrétienne et protestante se sont ensuite succédés pour un bref message. Des paroles fortes, témoignant d’une commune détermination pour que Genève reste une ville de paix.
«C’est l’honneur de Dieu qui est bafoué»
«Notre espérance va au-delà d’une réalité aveuglante et assourdissante», a affirmé le rabbin de la communauté israélite libérale François Garaï, tandis que Hafid Ouardiri disait, avec la communauté musulmane meurtrie, «oui à la vie, don du Créateur que nul n’a le droit de supprimer et oui à la paix sans laquelle la vie n’a pas de sens». «Les guerres sont une calamité, les guerres préventives encore plus. Elles provoquent une destruction intérieure et risquent de nous faire perdre confiance en nous-mêmes. Sommes-nous donc si mauvais ?», s’est demandé Mgr Pierre Farine, avant d’ajouter: «C’est l’honneur de Dieu qui est bafoué. De ce Dieu d’amour qui prie l’homme de choisir la vie et non la mort ».
Le curé Jean-Claude Mokry, de l’Eglise catholique chrétienne, et William McComish, pasteur de la cathédrale, ont insisté sur la valeur de la prière dans les circonstances présentes. «Nous avons la conviction que nous ne prions pas dans le vide». (apic/mba/be)




