Jubilé de Sant’Egidio à Lausanne

20 ans de prière, 20 ans au service des pauvres

Lausanne, 27 octobre 2010 (Apic) Cinquante personnes ont fêté les vingt ans d’existence de la communauté lausannoise de Sant’Egidio, au temple de la Croix-d’Ouchy. Prière, témoignages, musique, film et une exposition ont marqué ce jubilé. Ce fut l’occasion de rappeler les expériences nombreuses de secours aux pauvres, l’école de la paix, le mouvement «vive les aînés», la lutte contre le Sida et celle pour l’abolition de la peine de mort.

Se rassembler pour marquer le temps qui passe, pour fêter une vocation qui dure : la Sant’Egidio lausannoise a vingt ans, à peine l’âge adulte, mais quel chemin parcouru, parfois contre vents et marées, et d’autres fois dans l’allégresse. Autour d’un noyau dur de six fidèles, dont quatre pionniers présents depuis la fondation, une trentaine de personnes gravitent en suivant l’inspiration de la première communauté romaine : vie de prière et service du pauvre. Les cinq «P» que le pasteur Martin Hoegger a commenté lors de la cérémonie oecuménique : Prendre soin du Pauvre, libérer le Prisonnier, chercher la Paix par une vie de Prière où l’on peut recevoir la Parole.

«On a tous un tiers monde à découvrir.»

Anne-Catherine Reymond, fondatrice de la communauté lausannoise, a expliqué combien le compagnonnage du pauvre leur était essentiel. Apprendre à devenir leur compagne avec l’exemple du bon samaritain pour règle de base. «On a tous un tiers monde à découvrir au bas de notre porte» lançait la jeune femme en rappelant l’aventure initiale du quartier de La Bourdonnette. La fréquentation de ces yougoslaves, devenus ex-yougoslaves en exil, dans un cadre de violence, de drogue, avec des familles nombreuses. Le pauvre c’est l’étranger, le requérant, ce NEM abandonné (Non Entrée en Matière), c’est le sidéen africain laissé sans médicament, mais le pauvre c’est aussi cet aîné, ce prochain oublié dans sa solitude. Marguerite, octogénaire, a livré un témoignage poignant de sa rencontre avec Sant’Egidio. Les visites des membres de la communauté l’ont remise sur les rails : «Quand le temps a pris nos derniers amis, il est bon de réaliser que l’on peut encore servir, même âgée.»

Une commémoration réussie

Les festivités ont débuté par une cérémonie oecuménique, priante et chantante, présidée par le pasteur Martin Hoegger et l’abbé Laurent Duffner. Un repas suivi d’un temps de commémoration ont prolongé la soirée. Film et témoignages étaient au rendez-vos, agrémentés de la musique colorée du groupe folklorique Inti-Suisse. Les participants ont pu aussi admirer les portraits photographiques de Sylvain Julliand, voyageur, photographe et ami de la communauté. Son exposition est à découvrir au Centre pluriculturel d’Ouchy; la vente de ces oeuvres sera intégralement versée au programme DREAM de lutte contre le sida en Afrique.

Sant’Egidio en action

La communauté naît à Rome, en 1968, à l’initiative d’un jeune étudiant en histoire, Andrea Riccardi. Un petit groupe se rassemble dans l’Eglise Sant’Egidio, dans le quartier Trastevere, pour écouter et mettre en pratique l’Evangile. Ils enseignent aux enfants de la banlieue romaine, donnant naissance aux écoles de la paix qui vont essaimer de par le monde. Intervenant pour la paix, la communauté va connaître de beaux succès, notamment en 1992, au Mozambique. En 2002, elle lance la première journée mondiale de la «Ville pour la Vie – Ville contre la peine de mort». Le 30 novembre est la date choisie, souvenir de la première abolition de la peine de mort, dans le Grand Duché de Toscane, précisément le 30 novembre 1786. Les villes s’engagent à des actions de sensibilisation éducatives et grandioses. Par exemple, Rome implique son Colisée, Bruxelles l’Atomium, Barcelone la place de la Cathédrale, etc.

Sant’Egidio à Lausanne est né en janvier 1990, dans un cercle d’étudiants de Dorigny, à l’instigation d’Anne-Catherine Reymond. Celle-ci avait vécu un an avec la communauté romaine. Si la souche de Sant’Egidio est catholique, la branche lausannoise se compose majoritairement de protestants, ce qui souligne sa vocation oecuménique. Elle visite des requérants, organise des cours de français, des rencontres et même des fêtes. Par son mouvement «Vive les aînés», elle intervient auprès des anciens, par exemple à l’EMS Mont-Calme, avec des visites, un accompagnement hebdomadaire à la messe et l’organisation de vacances. Sur le plan international, la communauté lausannoise soutient financièrement le projet DREAM de lutte contre le Sida. Elle s’est jumelé avec un village du Nord du Burundi. Elle travaille contre la peine de mort en soutenant l’initiative «Ville pour la vie – ville contre la peine de mort», qui, en Suisse, mobilise déjà Genève, Lausanne, Zoug et Locarno. Enfin, chaque 25 décembre, se tient le repas de Noël «pour faire famille» autour de la table, avec tous nos prochains. (apic/pf)

28 octobre 2010 | 14:15
par webmaster@kath.ch
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