Suisse : Travail.Suisse plaide pour un congé paternité harmonisé
20 jours de congé paternité
Berne, 5 mai 2011 (Apic) L’idée et la pratique du congé parental trouvent une place en Suisse, au moins auprès des employeurs publics. Tel est le constat d’une enquête menée par le syndicat Travail.Suisse et présentée le 5 mai à Berne. Travail.Suisse plaide en faveur d’un congé paternité payé de 20 jours, harmonisé dans toute la Suisse et financé par le biais des allocations pour perte de gain (APG).
Les congés parentaux sont aujourd’hui assez largement adoptés par les employeurs publics, en particulier les cantons et les grandes villes. Le congé maternité est généralement plus généreux que le minimum fixé par la loi et prévoit 16 semaines payées à 100%, au lieu de 14 à 80%. Le congé paternité, bien que restreint de 5 à 10 jours, a conquis la moitié des cantons et des grandes villes. Le congé d’adoption, de plusieurs semaines, existe dans les grandes villes. Quant au congé parental non payé, il est très répandu. Sa gratuité y est sans doute pour quelque chose.
Face à ces pratiques très disparates, Travail.Suisse souligne la nécessité d’harmoniser les usages au plan suisse en adoptant un congé paternité payé de 20 jours pour tous.
L’enquête de Travail.Suisse dénonce en outre une discrimination basée sur le sexe en matière de congé d’adoption et de congé non payé. Certains employeurs publics ne les accordent qu’aux femmes, bien que le congé soit intitulé «parental». Ces restrictions reflètent une conception dépassée des réalités familiales, puisqu’accueillir un enfant n’est pas que l’affaire des mères.
Des parlementaires qui ne baissent pas les bras
Une dizaine d’interventions parlementaires ont été déposées durant les cinq dernières années sur la question du congé paternité et du congé parental, notamment par les conseillers nationaux Luc Barthassat (PDC/GE), Roger Nordmann (PS/VD) et Marianne Streiff-Feller (PEV/BE), présents lors de la conférence de presse. A chaque fois, l’argument de coûts supplémentaires a servi de repoussoir et a permis de balayer le principe selon lequel les pères ont besoin d’un congé payé pour assumer correctement leur nouveau rôle, dès la naissance de leur enfant.
Pour Travail.Suisse, 20 jours payés devraient être réservés au père qui peut les faire valoir de manière flexible. Il s’agit d’une première étape avant d’instaurer un véritable congé parental à partager entre père et mère, tel que le propose la Commission fédérale de coordination pour les questions familiales (COFF). (apic/com/mp)



